Rétrécissement – Cette droite qui se trompe

L’Opinion 03/05/2018 Nicolas Beytout
L’édito « Au secours, la droite revient ! » : ce slogan, aussi frappant fut-il, n’avait pas permis à la gauche d’éviter un des pires naufrages électoraux de son histoire. Nous sommes en 1986, et la première cohabitation qui se met en place entre François Mitterrand et Jacques Chirac se révèlera comme un des grands moments de réforme de la France : privatisations, dérégulation, ouverture des frontières. Face à la gauche des nationalisations et du social à tout crin imposé aux entreprises, la libéralisation menée sous la baguette d’Edouard Balladur sera un grand bol d’air, et un tournant idéologique de la droite traditionnelle, à rebours de sa ligne sociale-étatiste. Elle avait alors reconstruit un solide corpus idéologique.
C’est tout le dilemme de la droite aujourd’hui : dans le maigre espace politique laissé vacant par Emmanuel Macron, au centre, et par Marine Le Pen, à la droite de la droite, difficile de construire un projet innovant. Alors on se replonge dans le passé, et on en tire les vieilles recettes : salut à l’Etat et méfiance envers Bruxelles, clin d’oeil aux classes moyennes et distance envers les riches, retour aux frontières et soupçon envers le marché. C’est cette droite qui, par la voix de Laurent Wauquiez, déclare à propos de la suppression par Emmanuel Macron de l’exit tax que « ce n’est pas juste : 42% des cadeaux fiscaux ont été faits aux 5% les plus riches ». C’est celle qui, à l’instar de Guillaume Peltier, deuxième vice-président des Républicains, refuse la suppression de l’ISF, condamne les ordonnances sociales et dénonce « le culte aux nouveaux veaux d’or de la religion du libre-échange ».
Sèchement battue il y a un an, la droite a perdu l’essentiel du vote populaire. Imaginer le reconquérir en ciblant « les élites » et en stigmatisant les « cadeaux aux riches » a tout du pari impossible. « Au secours ! »

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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