Banlieues : l’ancien monde est mort, vivement le nouveau !

L’Opinion 22/05/208 Cyrille Lachèvre
L’éditoEn apparence, le logiciel s’est enrayé. Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie et «star» des banlieues, ne s’est pas transformé en Président idole des quartiers. En lançant sa campagne dans un CFA de Bobigny, le leader d’En Marche n’avait pas seulement fait une opération de com’. A cet endroit précis il projetait l’image qui faisait sa particularité et sa transgression politique : redonner un espoir à ceux qui n’en avaient plus. Ministre de l’Economie, il recevait un oeuf au visage dans une Poste à Montreuil, en pleine manifestation contre la loi El Khomri, pour, quelques mètres plus loin, être accueilli en héros par des enfants portant des T-shirts à son effigie dans une association locale. Il était hué par les présidents de chambres de métiers en annonçant vouloir briser les barrières rigides de la qualification professionnelle pour permettre à des jeunes d’ouvrir une station de lavage sans avoir besoin d’un diplôme de carrossier. A ces mêmes jeunes, qui refusaient l’assistanat, il disait qu’il serait plus facile pour eux de devenir leur propre patron – en travaillant avec Uber – que de trouver un employeur…
Arrivé à l’Elysée, Emmanuel Macron semble avoir perdu sa vista. La raison est simple : en France, on demande juste à l’Etat et à son chef d’ouvrir le portefeuille pour résoudre les problèmes et on ne juge la réussite d’une politique qu’à l’aune des milliards promis. Emmanuel Macron a raison de ne pas tomber dans ce piège tendu par le rapport Borloo et les élus venus réclamer leurs subsides. En refusant un énième plan pour la ville, il met fin à la vieille politique. Pour l’instant. Car il lui reste encore à poser les bases de la nouvelle. Il doit retrouver rapidement son discours conquérant pour les banlieues, sous peine de leur laisser croire qu’elles ont perdu l’argent de l’ancien monde sans trouver l’espérance du nouveau.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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