Irresponsable – Grève SNCF: qui rendra des comptes ?

L’Opinion 24/05/2018Nicolas Beytout
L’édito  – Bardés des certitudes que leur ont conféré un référendum bidon, réalisé dans des boîtes en carton, sans liste d’émargement vérifiée ni contrôle des opérations de vote, les syndicats affirment désormais que Guillaume Pepy doit démissionner de la présidence de la SNCF. Merveilleuse parodie de démocratie qui permet à des syndicats de revendiquer une légitimité que tout indique être usurpée.
En recevant les centrales syndicales, ce vendredi à Matignon, espérons que le Premier ministre réaffirmera son soutien à celui qui mettra en place la réforme, comme doit le faire tout bon actionnaire vis-à-vis d’un patron pris dans une tempête sociale. Car si responsabilité il y a dans la montée des tensions au sein de l’entreprise ferroviaire, elle doit être au minimum partagée entre l’Etat actionnaire, le chef d’entreprise, les syndicats et les personnels qui, parmi les grévistes, vont parfois jusqu’à dégrader leur outil de travail.
Les syndicats devraient d’ailleurs y réfléchir à deux fois avant de demander la tête de Guillaume Pepy. Car si les patrons sont révocables ad nutum –et on en a de fréquents exemples dans l’actualité—les dirigeants syndicaux sont, eux, quasiment irrévocables. Sauf révolution de palais, comme naguère à la CGT, les mandats se succèdent, sans égard pour l’évolution du nombre des adhérents ou l’issue des combats menés. Mais si, comme cela se profile, la mobilisation continue de faiblir et le gouvernement de tenir, qui sera comptable des 22 jours de grève et plus, des dizaines de millions d’euros de salaires perdus par les grévistes et leurs familles ? Qui rendra des comptes pour avoir choisi la pire stratégie de lutte, la grève intermittente, celle qui devait emmerder au maximum les Français mais avec laquelle ils ont appris, en pestant, à s’organiser ? Aux militants syndicalistes de se poser la question.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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