Les restaurateurs vent debout contre le « Doggy bag »

Challenges – 29/05/2018 – Antoine Laurent –
Un texte de loi adopté dimanche à l’Assemblée Nationale va rendre obligatoire la mise à disposition de « doggy bag » d’ici 2021. Dans ces sacs fournis par les restaurateurs, les clients pourront emporter les restes de leur repas à leur domicile afin de lutter contre le gaspillage alimentaire. Les professionnels du secteur, eux, regrettent de voir un service « naturel » se transformer en une contrainte réglementaire.
Sac doggy bag à emporterLe doggy bag obligatoire sera obligatoire en 2021 pour tous les restaurateurs. Photo Nicolas Duval
« Il n’y avait pas besoin de passer par un texte contraignant. Pour les restaurateurs, le doggy bag devait rester une démarche naturelle et volontaire. » Hubert Jan, le président de la branche restauration de l’UMIH (Union des Métiers et des des Industries de l’Hôtellerie) ne décolérait pas dans la journée de lundi. La raison de son courroux : le vote dimanche d’un texte à l’Assemblée Nationale, rendant progressivement obligatoire la mise à disposition du doggy bag (appelé aussi gourmet bag) chez tous les restaurateurs.
Cette loi a pour objectif annoncé de lutter contre le gaspillage alimentaire. Chaque année, en effet, les pertes et gaspillages représentent 21 kilogrammes de nourriture par Français et par an dans la restauration collective et commerciale. Cet argument, pourtant, semble loin de convaincre les professionnels. « Une énorme majorité des restaurateurs s’opposent à ce que le doggy bag devienne une norme » soutient Laurent Fréchet, le président du GNI-SYNHORCAT (Groupement National des Indépendants de l’hôtellerie et de la restauration).
Trop peu de clients demandent le doggy bag
Le doggy bag, un sac permettant au client d’emporter les restes dans la restauration, est depuis longtemps ancré dans la culture anglo-saxonne et asiatique. Il est cependant beaucoup moins répandu dans l’Hexagone, où la peur de passer pour un « radin » demeure très présente parmi les clients. « En France, on observe une culture du plat à ne pas gâcher. Il peut être mal vu de laisser des restes » analyse Alain Fontaine, Maître Restaurateur au Mesturet dans le deuxième arrondissement de Paris. Depuis une dizaine d’année, Alain Fontaine achète des sacs qu’il paye 1,20 euro l’unité et met ensuite à la disposition de ses clients. Mais pour le restaurateur, il s’agit surtout de répondre à une forte demande de sa clientèle étrangère. « C’est un vrai service que l’on rend. Mais j’avoue que nos clients français sont très rarement demandeurs. »
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