L’esprit de mai 2018

Sous les pavés
L’Opinion 31/05/2018 Nicolas Beytout
L’édito  – Mauvaise nouvelle pour tous les Cassandre : le mois de mai est fini, et l’actualité semble bien avoir raté son rendez-vous avec l’histoire. Mai 2018 n’aura pas été, cinquante ans après, un remake de Mai 68. Les derniers sondages soulignent même l’inverse : là où le pouvoir et la cote de confiance du Général de Gaulle avaient vacillé, ceux d’Emmanuel Macron sont demeurés stables : environ quatre Français sur dix lui font régulièrement confiance.
Le mois de mai promettait pourtant d’être chaud : le pourrissement et les violences à Notre-Dame-des-Landes, l’impopularité de la limitation de vitesse à 80km/h, le fiasco promis à Parcoursup et la répétition exaspérante des grèves de la SNCF, tout était en place pour que l’action gouvernementale se dérègle et que l’opinion publique, singulièrement tolérante vis-à-vis des réformes depuis un an, se réveille. Certains en rêvaient tout haut, quitte à organiser des défilés à intervalles rapprochés ou à bloquer des universités, persuadés de « faire sa fête à Macron » et de lever « une marée populaire ». Des dérapages ont bien eu lieu dans plusieurs manifestations, mais aucun incident n’a mis le feu aux poudres.
La France n’est pas pour autant une nation apaisée savourant un bonheur partagé. Les scores des partis protestataires sont toujours élevés, et la crise italienne démontre que l’accident institutionnel est toujours possible. D’autant plus que le pays a devant lui des défis immenses sur lesquels la réponse du gouvernement est jusqu’à présent quasi-inexistante : réforme des aides sociales, rôle et poids de l’Etat, fractures territoriales, communautarisme, délinquance. A l’équipe au pouvoir de démontrer qu’elle peut les gérer dans un esprit de transformation, pas dans une ambiance de chaos. Comme on disait en Mai 68 : « Soyons réalistes, demandons l’impossible ».

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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