Malaise – Social : attention, virage dangereux

L’Opinion 11/06/2018 Nicolas Beytout
L’éditoAprès l’autre politique de 1983, après le virage de fin 1995, ceux de 2008 et de 2014, la France subira-t-elle bientôt un ajustement de sa politique ? Depuis François Mitterrand et le tournant de la rigueur, tous les présidents français ont fait prendre à leur pays un nouveau cap, un an ou deux à peine après avoir été élus. Les uns l’ont fait sous la pression d’événements extérieurs, comme Nicolas Sarkozy face à la crise des subprimes, en 2008. Les autres l’ont fait contraints et forcés de reconnaître que leurs promesses électorales menaient à une impasse : Jacques Chirac se montrait incapable de maîtriser les comptes publics tout en luttant contre la fracture sociale qui avait été au cœur de sa campagne ; François Mitterrand avait mis le pays dans un tel état que le FMI frappait à la porte et François Hollande devait faire face au ras-le-bol fiscal, au découragement des entrepreneurs du pays et à l’inexorable dégradation des chiffres du chômage.
Tous ont eu leurs « visiteurs du soir », chuchoteurs de l’ombre ou frondeurs bruyants, flattés d’être écoutés, persuadés d’être entendus, se faisant fort de souligner l’urgence d’un changement de cap, la menace des sondages d’opinion, l’impatience de l’électorat, la lenteur des premiers résultats.
Le résultat est connu : depuis trente-cinq ans, la France repousse systématiquement le moment où elle abordera la reconquête de sa souveraineté budgétaire et la réduction de sa dette. Depuis 1981, elle additionne les taxes aux impôts, et les prélèvements aux déficits pour financer un train de vie hors de portée. Et depuis tout ce temps, le chômage augmente.
Comme un ballet bien organisé, la ronde des conseilleurs s’accélère autour d’Emmanuel Macron pour qu’il fasse « plus de social » et « moins pour les riches ». La bonne vieille recette française, avec sa défaite assurée.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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