Edito – Emmanuel Macron et le social au prisme de l’efficacité

Pognon de dingue
Emmanuel Macron et le social au prisme de l’efficacité
L’Opinion 13/06/2018 Nicolas Beytout
L’édito C’était il y a vingt ans : Tony Blair, le Premier ministre britannique alors au faîte de sa popularité, avait expliqué devant un Lionel Jospin et une Martine Aubry crispés comme jamais, que « la gestion de l’économie n’est ni de gauche ni de droite. Elle est bonne ou mauvaise… Ce qui compte, c’est ce qui marche. » Un hymne à l’efficacité que les Français ont longtemps ignoré, voire méprisé, préférant se laisser bercer, dans le confort de la pensée automatique, par le toujours plus d’argent distribué au nom de notre inimitable « modèle » social.
C’est contre cet aveuglement qu’Emmanuel Macron essaye désormais de lutter. En mettant crûment en lumière l’échec de la société française qui, depuis des lustres, « rachète sa faillite sociale par plus de redistribution strictement monétaire ». Qui se gargarise des « droits formels » qu’elle a empilés, sans se préoccuper des « droits réels ».
Efficacité, c’est la voie que le chef de l’Etat tente désormais d’emprunter pour échapper au triple débat que beaucoup voudraient lui imposer : le débat droite-gauche, le débat riches-pauvres et celui de l’économie versus le social. Parler de « l’effectivité » des aides sociales lui permet de changer de pied sur le débat budgétaire, de remplacer le « combien ça coûte ? » par le « qu’est-ce que ça produit ? ». Et c’est au nom de la même logique qu’il avance simultanément sur la réforme de la SNCF et sur la privatisation de grandes entreprises publiques, ou qu’il justifie sa visite aux forces vives économiques réunies autour de Philippe de Villiers et du Puy-du-Fou. Efficacité contre « fétichisme ».
C’est son propos : imposer, y compris à l’ensemble de ses troupes, une autre grille politique, un autre schéma culturel. Restera, s’il y parvient, à le traduire en actes de gestion, concrètement. Un défi autrement plus difficile

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Débats Idées Points de vue, Economie, Politique, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.