SNCF: loi votée, grève dépassée

Heurtoir
L’Opinion 14/06/2018 Olivier Auguste
EditoLe « pacte ferroviaire » était un projet de loi du gouvernement, c’est depuis jeudi une loi de la République. La CGT et Sud s’assiéront sur la nuance : depuis le début du conflit à la SNCF, ils mènent une lutte identitaire (sauvegarder un statut dont aucun gréviste ne sera pourtant privé) et surtout politique (faire barrage à ce texte pour casser l’élan réformateur d’Emmanuel Macron). L’échec spectaculaire de la grève ne les empêchera pas davantage de vouloir la continuer. Et peut-être même de mener des actions plus dures, tant il a toujours été vrai, dans un mouvement social, que moins les troupes sont nombreuses et plus leur cause est perdue, plus la radicalisation les tente.
Restent la CFDT et l’Unsa. Elles ne rêvent que d’une chose : sortir de ce guêpier. Mais à l’approche des élections professionnelles, « le premier qui décroche est mort », dit la légende syndicale. S’ensuivent contorsions et tortillements, autour de l’idée de gentils-cheminots-grévistes-mais-volontaires-pour-transporter-les-bacheliers-et-qui-avec-un-peu-de-bol-oublieront-ensuite-de-reprendre-la-grève. Et si, au contraire, les deux organisations osaient appeler franchement et dignement à la fin de la grève ? En mettant en avant ce qu’elles ont obtenu de l’exécutif : garanties béton pour les agents qui seraient repris par la concurrence, engagement d’investissements à long terme – sans compter la dette transférée au contribuable à hauteur, tout de même, de presque 1 000 euros par foyer fiscal... Et en assumant que la meilleure façon d’assurer un avenir à la SNCF est maintenant de gagner en productivité et de se réconcilier avec ses clients. Il y a urgence !
Pari « de dingue », à première vue. Mais sept salariés de la SNCF sur huit, dont un conducteur sur deux et quatre aiguilleurs sur cinq, ont déjà quitté la grève. N’ont-ils pas déjà, bon gré mal gré, commencé à emprunter cette voie ?

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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