Frais bancaires : « Plafonner, la priorité absolue »

Ouest-France – 12/07/2018 – Patrice Moyon –
La Banque de France est chargée du droit au compte.La Banque de France est chargée du droit au compte. | Axel Schmidt (Reuters)
Les coûts des « incidents » bancaires sont très lucratifs pour les banques. Les plus pauvres en font les frais. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, veut les encadrer. Entretien
Combien de personnes se trouvent-elles en situation de fragilité financière en France ?
Selon le recensement des banques, 3,6 millions. Cette situation est liée à leurs revenus ainsi qu’à leurs incidents de paiement. Pour ces clients, la loi bancaire de 2013 prévoit que les banques doivent proposer une offre spécifique, adaptée, pour limiter les frais des incidents de paiement. Mais sa diffusion reste trop faible : seulement 10 % d’offre spécifique par rapport aux clients en fragilité.
C’est peu !
Il y a une mobilisation, il y a des progrès, mais cela ne suffit pas.
N’est-ce pas, aussi, parce que les banques tirent de confortables revenus de ces clients en difficulté ?
La moyenne des frais bancaires appliquée à ces clients fragiles, avec de grandes diversités, est de 320 € par an. C’est trop élevé ! Nous nous mobilisons dans le cadre de l’Observatoire de l’inclusion bancaire : il rassemble les banques mais aussi les associations et acteurs sociaux, et les pouvoirs publics. La priorité absolue doit être de développer cette offre spécifique et de plafonner ces frais.
Quelle forme pourrait prendre ce plafonnement auquel Bruno Le Maire se dit favorable ?
Il me semble qu’il faudrait un plafonnement, à un niveau bas, pour les personnes bénéficiant de l’offre spécifique. Cela permettrait d’avoir des frais nettement plus faibles et de limiter les incidents de paiement qui ne sont l’intérêt de personne. Mais avoir un plafonnement global, suffisamment bas est alors une exigence. Pourquoi ? Tout simplement parce que si on plafonne une catégorie particulière d’acte bancaire ou d’incident, d’autres frais réapparaissent qui eux ne sont pas plafonnés.
Ne plus avoir de compte bancaire, c’est ne plus avoir d’existence sociale. Quand une banque ne veux plus de vous, comment fait-on ?

Banques en ligne  – UFC-Que Choisir
Les fiches détaillées des principales banques en ligne et néo-banques :
Elles s’appellent N26, Compte C-Zam, Revolut, Nickel, Orange Bank ou Fortuneo, Axa Banque, Monabanq, ING Direct, BforBank, Boursorama, Hello Bank. Certaines n’existaient pas il y a quelques années. Et pourtant elles commencent à compter dans le paysage bancaire français en bousculant les grands réseaux traditionnels. Quelles sont les principales caractéristiques de ces banques en ligne et néo-banques ? Réponse dans nos fiches détaillées.

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Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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