A la source

L’Opinion 12 Juillet 2018 Rémi Godeau
Impôts : Richelieu, Turgot, Vauban… Darmanin, même combat ?
L’éditoZigzag fiscal, le retour. Sur l’abracadabrantesque retenue à la source, Gérald Darmanin n’en finit pas de cafouiller. Par souci de «simplification», le ministre des Comptes publics voulait offrir aux salariés des particuliers employeurs une année blanche pour leur infliger ensuite une double imposition. Il envisage maintenant une exonération en 2019. Quel amateurisme à Bercy, pour une mesure peaufinée depuis dix ans ! On en vient presque à partager les craintes des syndicats des finances publiques lorsque le même ministre annonce une réorganisation afin de «simplifier» la collecte de l’impôt…
Ce mot est désormais utilisé à tort et à travers pour faire gober aux contribuables les usines à gaz les plus folles – comme sous le mandat Hollande l’expression «justice sociale» annonçait un matraquage en règle des classes moyennes et supérieures. Pris à son propre piège de la complexité, Gérald Darmanin en vient ainsi à forger une nouvelle doctrine, que l’on souhaite voir généralisée : rien de mieux pour simplifier l’impôt que de le supprimer ! Prix Nobel d’économie, Maurice Allais rappelait une autre évidence oubliée de nos technocrates : «La fiscalité doit être subordonnée à l’homme, pas à l’Etat».
La citation est tirée de notre série d’été consacrée aux révoltes fiscales. Les ministres y trouveront moult références utiles. Lisez Vauban ! L’inventeur de la «flat tax» explique que la simplicité est gage d’efficacité. Relisez Turgot ! Il insiste sur la nécessité de sensibiliser le contributeur au coût réel de l’administration. Etudiez Richelieu ! Il défend un Etat minimal, donc fort, laissant sa place à la société civile. Et Bastiat ! «Lourd budget et liberté sont incompatibles». Face au déclin du consentement fiscal, tous avaient compris les bienfaits une imposition large, lisible, stable et modérée, donc d’un niveau de dépenses sous contrôle. Simple, non ?

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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