Epreuve – « Affaire Benalla » : départ d’incendie à l’Elysée

L’Opinion 19/07/2018 Nicolas Beytout
C’est la première vraie grande épreuve politique pour Emmanuel Macron, et elle vient de là où on ne l’attendait pas. « L’affaire Benalla » ne relève ni du combat majorité contre oppositions, ni d’un conflit social, ni d’une crise économique, et pas davantage d’une crispation sociétale. Mais d’une affaire de basse police dans laquelle on trouve comme souvent ces gens de sac et de corde qui se font une place à l’ombre et grignotent du pouvoir en se prévalant de leur supposée proximité avec le chef. Ils traînent toujours dans le sillage des puissants. Parfois de loin, souvent de près. Et cette fois de très près.
Certes, Emmanuel Macron n’est pas directement responsable des violences commises par son étrange chargé de mission. Mais il est forcément comptable de ce dysfonctionnement grave de la machine qu’il a mise à son service, à l’Elysée. Erreur sur l’influence que le Château a laissé prendre à ce collaborateur sur les sujets de sécurité, erreur sur l’évaluation de la gravité de sa faute, erreur sur la sévérité de la sanction, erreur, embarras et cafouillage sur la communication de crise. Toute la chaîne de commandement a échoué. Et tous les ingrédients sont là pour jeter le trouble, y compris parmi les plus ardents défenseurs du Président. Cette tache est d’autant plus voyante qu’elle vient marquer une République auto-proclamée inflexible sur la déontologie, intraitable sur la transparence, intransigeante sur la probité. Un « must » de la supposée nouvelle façon de faire de la politique.
A chaque départ d’incendie, et il y en a eu quelques-uns depuis le début de sa campagne victorieuse, Emmanuel Macron a réagi sans délai et sans états d’âme. Cette fois, il faudra plus, beaucoup plus qu’une déclaration lourdaude du porte-parole du chef de l’Etat pour circonscrire le feu.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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