Inquiétudes – Benalla : trois leçons pour une affaire de «dingue»

L’Opinion  23/07/2018 Cyrille Lachèvre
Edito – « L’affaire Benalla » n’est évidemment pas un « Watergate », mais elle a déjà livré trois enseignements inquiétants pour la suite du quinquennat.
D’abord, la faiblesse de la majorité parlementaire. Le silence de l’Elysée et l’esquive du gouvernement placent les députés En Marche en première ligne face à l’opposition. Entre éléments de langage répétés mécaniquement et attaques malvenues contre la presse, c’est peu dire que les élus du nouveau monde n’ont rien à envier à ceux de l’ancien. Et le fait que malgré leur surnombre dans l’Hémicycle ils n’aient pas été assez forts pour poursuivre les débats sur la révision constitutionnelle en dit long sur leur capacité de résistance.
Ensuite, la solitude d’Emmanuel Macron. La présidentielle 2017 a vu la victoire d’un commando ultrasoudé emmené par un général audacieux et habile. Le pouvoir conquis, ce carré de fidèles n’a jamais su s’ouvrir. Il existe en macronie une frontière entre ceux ayant prêté allégeance aux premières heures de la marche et les autres, admis pour certains au banquet de la victoire à condition de siéger en bout de table. De quoi susciter jalousie et rancœur parmi les exclus, tentés par la vengeance.
Enfin, le coup de griffe de la police, qui s’est cabrée contre l’Elysée. Le « lâchage » d’Alexandre Benalla tient autant à son comportement qu’à sa volonté d’organiser un service d’ordre parallèle autour du président avec son assentiment. Emmanuel Macron n’avait pas confiance dans les policiers, ils le lui ont bien rendu. Dangereuse escalade !
Une assise politique fragilisée, un carré de fidèles rétréci, un domaine régalien qui gronde. Bien plus que la tempête médiatique c’est cela qui guette le Président aujourd’hui et qui pourrait affecter, par ricochet, sa capacité à réformer le pays. Voilà pourquoi il doit réagir vite et partout à la fois.
Quand les dessins de Kak épousent l’actualité, pour le meilleur et pour le rire.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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