Dernière minute – Mise au point : François de Rugy : « L’affaire Benalla est une épreuve pour les députés de la majorité »

L’Opinion 23/07/2018 à 19 h 24 Caroline Vigoureux
 « Il faut que la réforme constitutionnelle soit adoptée, au plus tard en 2019 », plaide le président de l’Assemblée nationale, qui appelle à une reprise des travaux
Le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, appelle les députés à reprendre les travaux. © Sipa Press
Les faits – Après la révélation jeudi dans Le Monde de l’affaire Benalla, une commission d’enquête parlementaire a été mise en place à l’Assemblée nationale. Les députés ont auditionné lundi le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb puis le préfet de police de Paris, Michel Delpuech. Le président de l’Assemblée nationale avait suspendu provisoirement dimanche l’examen de la révision constitutionnelle ; lundi, il a été reporté à la rentrée. François de Rugy, qui a annulé un déplacement en Russie prévu mercredi et jeudi, revient sur le premier scandale du quinquennat Macron.
Nombre de députés réclament l’audition d’Alexandre Benalla et du directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda. Le souhaitez-vous ?
Il appartient à la commission d’enquête de déterminer qui elle entend, la limite étant de ne pas empiéter sur une enquête judiciaire en cours. Elle devra donc apprécier au cas par cas par rapport aux cinq personnes mises en examen. Concernant le supérieur hiérarchique d’Alexandre Benalla à l’Elysée, qui a pris la mesure de sanction, cela me paraît logique qu’il soit auditionné.
Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a expliqué devant la commission d’enquête qu’il ignorait les fonctions d’Alexandre Benalla auprès de l’Elysée, pensant que c’était un agent de police…
Je ne m’exprimerai pas sur le fond de l’affaire. Dans la tempête, j’ai tenu la barre et maintenu le cap de l’exercice par l’Assemblée de ses missions. J’y ai veillé. Faisons maintenant en sorte que tout soit sur la table. Alors nous pourrons nous prononcer sur le fond.
Vous avez suspendu l’examen de la révision constitutionnelle. Pourquoi ?
L’Assemblée n’est pas un théâtre filmé. Il faut savoir s’arrêter. Je l’ai décidé pour que l’agitation retombe. Maintenant, les travaux législatifs doivent reprendre. L’Assemblée est un lieu de débat et de décision. On ne peut pas demander le bon fonctionnement de nos institutions – avec une commission d’enquête mise en place en vingt-quatre heures, délai inégalé dans notre histoire – et en même temps dire que tout le reste doit s’arrêter.
« On a donné suite aux demandes légitimes de transparence, de vérité et de justice. Le travail législatif doit continuer »
Le report de la révision constitutionnelle aura-t-il un impact sur le Congrès prévu au premier semestre 2019 ?
Après cinquante-deux heures de débat, l’examen de près de 900 amendements et l’adoption de 25 d’entre eux, nous avons fait face à une situation de blocage provoquée par les oppositions. Je souhaite que l’examen du texte reprenne rapidement, à la rentrée. Ce qui compte, c’est que la réforme soit adoptée, au plus tard en 2019.
Le calendrier et le contenu même de la révision constitutionnelle me paraissent devoir être repensés », a déclaré le président du Sénat, Gérard Larcher. Êtes-vous d’accord ?
Ce qui s’est passé ces derniers jours a démontré que la réforme constitutionnelle est plus que jamais nécessaire. Je ferai tout ce qui sera possible pour la mener à bien et je travaillerai avec ceux qui veulent sincèrement l’amender pour renforcer le Parlement.
Est-il possible de continuer à légiférer dans un tel contexte politique ?
A partir du moment où on a donné suite aux demandes légitimes de transparence, de vérité et de justice, tout ne doit pas s’arrêter. Le travail législatif doit continuer. Le bon fonctionnement de notre institution ne saurait être durablement perturbé par des événements extérieurs.
« Il y aura sans doute moins de badges à l’Assemblée, et ils seront soumis à mon visa »
Comment expliquez-vous qu’Alexandre Benalla ait eu un badge lui permettant d’accéder à l’Hémicycle alors que ceux-ci sont délivrés au compte-gouttes ?
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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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