Netflix : la diversité culturelle est un marché

L’Opinion 26/07/2018  Olivier Auguste
Edito Cannes l’a viré, Venise l’accueille à bras ouverts. Netflix comptera deux films en sélection lors de la prochaine Mostra, a annoncé la direction du festival. Après l’ouverture programmée de vastes studios à Madrid, c’est le second signe cette semaine des ambitions de la plateforme de vidéo à la demande hors de son homeland, les Etats-Unis. Face à ce petit nouveau déjà riche à millards, les producteurs européens de télé et de cinéma n’affichent pas une sérénité parfaite…
Netflix déborde de ses frontières parce qu’il estime que la formule «Think global, act local» n’est pas forcément un poncif d’école de commerce. Il a observé le succès planétaire de séries comme Borgen (Danemark), qui s’est faite sans lui, The Crown (Grande-Bretagne), qu’il a lancée, ou La Casa de papel (Espagne), dont il a récupéré les droits des premières saisons avant de produire la suivante. Il en a tiré la conclusion que le public mondial avait soif d’une «patte», d’une «couleur» qui ne soit pas uniformément américaine, de série en série, de film en film. Qu’il y avait là un marché à prendre. Un marché ? Mot hérétique dans l’univers culturel ! C’est pourtant la seule raison pour Netflix d’investir dans la production et de faire ainsi travailler des scénaristes, acteurs, réalisateurs, techniciens…, en Europe et ailleurs.
L’industrie audiovisuelle – encore un gros mot – devrait jouer à fond le jeu, plutôt que de réclamer le maintien pour l’éternité de réglementations tatillonnes sur la «chronologie des médias», de subventions opaques et de tuyauteries obligatoires où le nombre de films financés dépend du montant des droits du foot. Ne plus raisonner comme aux débuts de la «quatrième chaîne en couleur» mais passer à l’internet très haut débit. Pour en tirer également parti au maximum.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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