Surveillance – Google préparerait une version censurée pour revenir en Chine

l’Opinion 02/08/2018

Le géant américain du web pourrait lancer une application Android spécifique en accord avec le Parti communiste chinois. Certains éléments d’Internet seraient prohibés
Il y a huit ans, en mars 2010, le service de recherche de Google quittait la Chine, en raison des critiques américaines liées au maintien d’une version censurée de son service dans le pays. Depuis, Sundar Pichai, un nouveau PDG s’est installé à la tête du géant américain, et la politique de l’entreprise est redevenue moins regardante. Actuellement bloqué par la censure en Chine, le service de recherche de Google pourrait revenir dans le pays. Selon The Intercept, le géant américain préparerait une version de son moteur adaptée à la censure d’Etat de Pékin et destinée au système d’exploitation mobile de Google, Android. Une application spécifique pourrait être lancée d’ici six à neuf mois, en fonction de l’accord des autorités chinoises.
Marché gigantesque. Ce projet, dont le nom de code est Dragonfly (libellule en français), filtrerait les sites et les mots-clés que le gouvernement souhaite interdire. D’après The Intercept, le projet serait sur les rails depuis le printemps 2017 et un rendez-vous aurait eu lieu en décembre de la même année entre Sundar Pichai et de hauts responsables chinois. Pour autant, comme le relate le Wall Street Journal, le projet n’est pas achevé et pourrait ne jamais l’être. À la suite des révélations faites par la presse, le porte-parole de Google en Asie n’a pas souhaité confirmer ni réfuter la réalité de Dragonfly.
Actuellement, Google est interdit en Chine. Dans le pays, Internet est censuré et surveillé par le ministère de la Sécurité publique, via le projet bouclier doré (aussi nommé « grand firewall » de Chine). Certains réseaux sociaux ou sites occidentaux sont ainsi bloqués (dont Facebook, Twitter ou encore Youtube). Le Parti communiste chinois considérant le web comme un espace stratégique de souveraineté, lié à la stabilité politique du pays. Si des géants chinois du web (Baidu, Tencent, Alibaba, etc.) existent, ils sont donc sous l’étroit contrôle du Parti. Pour autant, le marché chinois représente un immense relais de croissance pour les groupes occidentaux du numérique, d’où, sans doute, le revirement de Google. D’ailleurs, l’entreprise n’a jamais quitté la Chine, où elle dispose d’une activité publicitaire, de bureaux et de salariés, note Le Monde.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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