Pourquoi est-ce si dur d’arrêter le sucre ?

Ouest-France – 11/08/2018 –
En quelques décennies, notre consommation de sucre a explosé, avec son lot de conséquences sur la santé. Alors, si on mettait un frein à notre consommation de sucre ? Le problème, c’est que ce sevrage n’est pas si facile…
« Un enfant de 7 ans a déjà mangé autant de sucre que son grand-père n’en a mangé de toute sa vie », alerte Frédéric Saldmann, médecin cardiologue et nutritionniste, auteur de Votre santé sans risque. En un siècle, la consommation de sucre a atteint des niveaux jamais égalés. Alors qu’un Français consommait 1 kg de sucre par an en 1850, aujourd’hui, il en consomme en moyenne 35 kg aujourd’hui.
On estime qu’un Français absorbe l’équivalent de 40 morceaux de sucre par jour… soit beaucoup trop ! L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) préconise de « réduire l’apport en sucres libres à moins de 5 % de la ration énergétique totale », soit à 25 grammes, ce qui correspond à six cuillères à café environ par jour.
Aussi addictif que la cocaïne
« Le sucre représente une préoccupation sanitaire importante », confirme la professeure Irène Margaritis, chef de l’unité d’évaluation des risques nutritionnels, à l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Connsommé en excès, le sucre devient, en effet, néfaste pour la santé. Il peut entraîner surpoids, obésité et maladies qui y sont associées, comme le diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires et certains cancers. Sans oublier les risques pour la santé bucco-dentaire
La situation serait moins problématique si le sucre n’était pas partout. L’OMS souligne qu’une grande part des sucres consommés aujourd’hui sont « cachés » dans des aliments transformés qui ne sont habituellement pas considérés comme des sucreries. On en trouve par exemple dans les plats cuisinés, les sauces, les potages industriels, les charcuteries, les surimis, les conserves, les sodas, les crèmes dessert…
Photo d’illustration : Marc Ollivier / Ouest-France)
Enfin pour compliquer les choses, des chercheurs ont établi que le sucre agit de la même manière que la cocaïne sur notre unité centrale. « Il stimule la même zone, déclenchant un phénomène d’addiction, avec des conséquences graves sur la santé », explique le Dr Saldmann. En clair, chaque pic de glucose dans le sang entraîne une baisse conséquente de la glycémie dans les heures qui suivent, ce qui entraîne fringales et coups de fatigues. On ressent le besoin de reprendre une dose de sucre pour se sentir mieux.
Quand on ajoute à cela, comme le fait remarquer la professeure Margaritis, une « sollicitation permanente par la publicité, le placement dans les supermarchés, certains distributeurs automatiques », on se demande comment y échapper. A ce titre l’Anses recommande que des mesures soient prises visant à limiter l’incitation à la consommation de produits sucrés.
Lire les étiquettes
Pour la professeure Margaritis, il demeure possible de réduire sa consommation mais cela doit débuter par « une prise de conscience de ce que l’on mange. On peut calculer soi-même la quantité d’apports en sucre quotidiens en utilisant, par exemple, la table de composition nutritionnelle des aliments (ciqual.anses.fr). Cela permettra à chacun d’identifier les sources de sucres qui peuvent être différentes d’une personne à l’autre en fonction de ses habitudes de consommation ».
Ensuite, « il faut prendre l’habitude de lire les étiquettes », complète le Dr Saldmann. Il faut ainsi se méfier des produits considérés comme sains mais qui peuvent être bourrés de sucres comme les boissons végétales, les galettes de riz…
(Photo d’illustration : Fotolia)
L’Anses préconise également de limiter les boissons sucrées comme les sodas ou les jus de fruits, qui peuvent apporter beaucoup de calories. Une seule canette de soda sucré contient jusqu’à 40 grammes de sucre. Dans ce dernier cas, il s’agit de calories dites « vides », qui n’ont donc aucun intérêt nutritionnel pour l’organisme.
Les bonnes habitudes s’apprennent dès le plus jeune âge. Et il est préférable d’habituer les enfants à boire de l’eau. « On évite aussi de donner un petit bonbon quand un enfant est triste pour ne pas graver dans sa mémoire l’association du sucre et du réconfort », préconise le Dr Saldmann.
Si les mauvaises habitudes sont déjà prises, on peut commencer, par exemple, par arrêter de mettre du sucre dans son café. « Il suffit de trois semaines pour s’habituer à le boire sans sucre, encourage le Dr Saldmann. Si à la fin de la période, vous reprenez du sucre, vous allez le trouver trop sucré. Votre cerveau aura en quelque sorte été reformaté. » Un effort pas si difficile à faire et qui peut valoir le coup.

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