Méprise – Nicolas Hulot ou l’histoire du « lobbyiste lobbyé »

L’édito de L’Opinion 29/08/2018 Nicolas Beytout
Remake de l’arroseur arrosé, la démission de Nicolas Hulot est en réalité l’épilogue de l’histoire du « lobbyiste lobbyé ». Toute la carrière du ministre démissionnaire a été construite autour du lobbying, avec comme figure centrale de l’influence, la sienne. Usant d’abord de sa notoriété télévisuelle, il a rapidement construit un instrument de pression à son nom, à sa main : la bien-nommée Fondation Nicolas-Hulot (qui changera plusieurs fois de nom ensuite). Lobbyiste parmi les lobbyistes, il a inscrit en toutes lettres dans les missions de sa fondation qu’elle « participe au débat public ». Plus clair encore, l’ancien ministre avait créé une société commerciale, Eole, dont l’objet était, entre autres « le conseil en relations publiques et en communication sous toutes ses formes ».
Nul mal à cela, naturellement, et la cause est noble. Mais du coup, les effarouchements de Nicolas Hulot face aux lobbies et à leur présence autour du pouvoir paraissent bien décalés. Il a lui-même été un as de la discipline, ayant réussi, en usant de son influence, à faire signer par les principaux candidats à la présidentielle de 2007 un Pacte pour l’Ecologie.
Au fond, l’ancien animateur de télévision n’aurait jamais dû franchir le pas, passer des idées à l’action politique, des bonnes intentions écolos à la gestion ardue d’un portefeuille ministériel. Il n’aurait pas dû quitter le statut admiré de sympathique militant de la planète pour celui décrié d’homme politique confronté aux compromis quotidiens. Hulot ou la double méprise : il n’était probablement pas à sa place dans un ministère, vacillant à chaque arbitrage défavorable. Et pas à sa place dans ce gouvernement, lui qui confesse désormais ouvertement qu’il voulait « changer de modèle économique ». Jusqu’à preuve du contraire, ça n’a jamais été la ligne du chef de l’Etat.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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