Croissance – Loi Pacte : la prospérité ne se décrète pas dans le Code civil

L’Opinion 05/09/2018 Rémi Godeau
Bruno Le Maire a cent fois raison : pour rendre la France plus prospère, il faut «faciliter la vie des entrepreneurs». Le ministre de l’Economie a tort : l’Etat n’a pas à définir la «raison d’être» des entreprises.
De fait, le rapport Notat-Senard dont s’inspire le ministre propose d’inventer, contre la dictature du court terme, une nouvelle «économie responsable» qu’on imagine peuplée d’entrepreneurs tous devenus plus responsables sous la haute vigilance moralisatrice des pouvoirs publics. Absurde ! Mieux vaut lire un célèbre article de l’économiste libéral Milton Friedman, daté de 1970 : La responsabilité sociale de l’entreprise est d’accroître ses profits. Car sauf à piétiner la propriété privée, les actionnaires sont encore les mieux placés pour choisir leur stratégie et leurs objectifs, dans les limites de la loi. Car l’Etat n’a pas à dicter leur conduite à des entrepreneurs du privé transformés sans légitimité en petits agents publics au nom d’un intérêt général fait «d’exhortations venues des cieux» ; il doit se contenter de fixer un cadre social et environnemental, plus ou moins contraignant.
Qu’on ne s’y trompe pas, la doctrine de la responsabilité sociétale des entreprises n’est qu’un collectivisme light

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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