Labos pharmaceutiques français : c’est déjà Noël !

Alternative santé  – septembre 2018 – édito de J.-B. Talmont –

La prévention dont nous nous faisons l’écho depuis plus de vingt ans devient d’intérêt public !

Lanceurs d’alerte
Lorsque nous avions rencontré Marine Martin, l’héroïne malgré elle ayant dénoncé le scandale de la Dépakine de Sanofi, nous avions évoqué bien des choses restées dans les tiroirs. Notamment la présence du président de Sanofi, Serge Weinberg, à l’investiture de notre actuel président de la République, Emmanuel Macron. Les images sont toujours visibles sur Internet, où l’on entend le journaliste remarquer « la présence de Serge Weinberg, patron de Sanofi, ami d’Emmanuel Macron ». Cette amitié et cette présence n’auraient suscité aucun intérêt si nous n’avions eu à souffrir, dès le début du mandat de M. Macron, d’une loi promulguée en toute hâte : l’obligation vaccinale portant sur onze valences, dont l’intérêt public – qui a suscité tant de discussions – fait moins l’unanimité que l’intérêt financier pour les laboratoires pharmaceutiques.
Bien sûr, la présence de « l’ami d’Emmanuel Macron » lors de son investiture et cette loi votée envers et contre tous ne doit être que pure coïncidence. À nous de chasser le doute. N’a-t-on pas lu, sur le site d’En marche, que « contrairement aux autres partis politiques, les dons sont l’unique source de financement du mouvement […]. Par conséquent, nous dépendons uniquement de la générosité de nos sympathisants » ? Si ces derniers donnent 100 euros, la dépendance se résume à un clin d’œil et une tape sur l’épaule. Mais quand un sympathisant fait « don » de plusieurs centaines de milliers d’euros, voire plus, en quoi la dépendance mute-t-elle ? En allégeance ?
Allons ! Ne sombrons pas dans la parano des « crédulo-complotistes », comme l’a qualifiée Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et fermons gentiment les yeux. Ce faisant, Emmanuel Macron peut recevoir à dîner, le 9 juillet, une vingtaine de PDG des mastodontes pharmaceutiques, de GSK à Sanofi, selon Le Canard enchaîné du 18 juillet. Et, dès le lendemain, le Conseil stratégique des industries de santé réuni par le Premier ministre va prendre des airs de soir de Noël. Notre gouvernement leur promet un chiffre d’affaires en augmentation d’au minimum « 0,5 % par an pendant trois ans » pour les médicaments innovants, sans aucune contrepartie (même celle d’éviter les ruptures de stock).
Un conseil : ne tombez pas malade. Parce que pour qu’un État assure 1,5 % minimum d’augmentation de CA, c’est que ces firmes ont obtenu un blanc-seing pour demander des prix délirants pour leurs pilules, anticancéreux en tête. Autre beau cadeau qui leur est fait : les délais d’autorisation de mises sur le marché des nouveaux traitements (AMM) seront réduits « drastiquement », sans donner aux agences sanitaires les moyens de les évaluer. Si, en matière de saletés, nous étions déjà largement servis (Mediator, Depakine…), là, on va vraiment se régaler ! Je dirais même qu’on va déguster.
Plus que jamais, la prévention dont nous nous faisons l’écho depuis plus de vingt ans devient d’intérêt public. Allez, le temps qu’on rouvre les yeux, on ne les aura que pour pleurer devant la loi anti-fake news qui nous empêchera à l’avenir d’écrire ce genre d’édito.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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