Dingue – Pauvreté en France : un scandale peut en cacher un autre

L’Opinion 12/09/2018 Rémi Godeau
L’éditoDu pain bénit pour les bonnes âmes ! A peine Emmanuel Macron avait-il dénoncé, en un exercice de communication contestable, le «pognon de dingue» investi dans les minima sociaux que toute la bien-pensance s’est retrouvée pour claironner que non, vraiment, un Président ne devrait pas dire ça. Préjugé de petit-bourgeois, stigmatisation des déclassés, liquidation des acquis de la Libération, arrogance ultralibérale… Tout y est passé. Tout, sauf l’essentiel.
A la veille de la présentation du plan pauvreté, les statistiques révèlent de facto un glaçant portrait social du pays. Qu’en 2018, la France compte 8,8 millions de pauvres, dont 20 % chez les moins de 18 ans, est un pur scandale. Mais il en cache un autre, plus dérangeant encore : au fond, la majorité des beaux esprits adeptes des envolées misérabilistes se contentent de cette situation, réclamant des milliards d’euros supplémentaires pour soulager leur conscience. Qu’importe si les résultats ne suivent pas, l’essentiel est de préserver son petit confort doctrinal. On feint de croire que taxer les riches soulage les plus démunis. Que célébrer la solidarité exonère de s’interroger sur l’assistanat. Que la complexité ne nuit pas à la proximité. Que la quantité l’emporte sur la qualité. Que l’Etat peut tout…
A force d’idéologie, sont ainsi menées des politiques contraires aux intérêts des plus défavorisés. Les donneurs de leçons doivent ouvrir les yeux : entre 2012 et 2015, le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté a crû de 1,1 million… Dans le combat contre le délitement social, emploi, réussite scolaire, autonomie, insertion s’avèrent plus importants que le seul niveau des subventions. Sans que les mots responsabilisation ou efficacité soient tabous. Avant de soigner, l’Etat doit s’attacher à assurer l’égalité des droits et des chances.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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