Management – Vite, un DRH pour l’Education nationale !

L’Opinion 18/09/2018 Olivier Auguste
L’édito – Demandez à un maître d’école sur qui il peut compter, au sein de son administration, lorsqu’il est confronté à une situation difficile (élève en plein décrochage, petite bande perturbant les cours, parents menaçants…). La réponse est toujours la même : personne, à part lui-même. Le directeur d’école n’est pas son supérieur. C’est de l’inspection académique qu’il dépend mais celle-ci est lointaine et, au sens propre, aux abonnés absents, raconte-t-il invariablement.
L’Education nationale, premier employeur de France, est bon dernier de la classe en gestion des ressources humaines. La solitude professionnelle de ses 890 000 enseignants n’est qu’un des multiples symptômes du mal. Un proviseur plein d’enthousiasme veut redresser la barre de son lycée dans une zone défavorisée : il ne choisit pas ses profs (bien souvent des débutants qui n’ont qu’une hâte, se sauver dès qu’ils auront cumulé assez de points), n’a aucun moyen de récompenser ceux qui s’investissent, et ne peut donc compter que sur la bonne volonté de ses collègues et sa propre capacité d’entraînement. Les avancements doivent plus aux affiliations syndicales qu’au mérite. Le métier est si paupérisé que les concours ne font pas le plein, malgré le taux de chômage élevé et la sécurité de l’emploi offerte ; dans certaines disciplines, il faut donc faire avec des recrutements de candidats de faible niveau. Les parents se désespèrent des classes bondées et des absences non remplacées pendant que les « décharges » et « crédits-temps » syndicaux représentent l’équivalent de plus de 4 000 postes à temps plein, et la formation continue, qui se déroule en dehors des vacances scolaires, presque 12 000 autres.
Le ministère supprimera 0,16 % de ses effectifs l’an prochain ? C’est l’arbre qui cache la forêt.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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