Atto di forza – La provocation italienne

L’Opinion 14/10/2018 Nicolas Beytout
EditoPliera, pliera pas ? L’Italie doit remettre ce lundi à Bruxelles son projet de budget pour 2019, un exercice auquel se soumettent tous les pays membres de l’euro. Mais c’est une chose de respecter un calendrier, c’en est une autre de se conformer au fond. Depuis qu’ils sont arrivés au pouvoir, c’est devenu une spécialité de la Ligue et du Mouvement 5 Etoiles : tout ce qui vient de l’Europe doit être contesté. Le bras de fer concerne cette fois la folle accélération des dépenses publiques décidée par Rome, et le risque que cela fait peser sur une dette dont le poids est déjà supérieur de 30% à ce qu’il est en France (c’est dire).
L’Italie a pourtant été largement avertie par ses partenaires au sein de l’euro, et les tensions déjà perceptibles sur les marchés financiers se sont chargées de souligner en rouge les risques qui pèsent sur son économie. Rien n’y fait : la péninsule tient bon, et renvoie les donneurs de leçon à leurs statistiques en soulignant que s’il y a un « homme malade » en Europe, c’est bien de la France et de ses doubles déficits (public et commercial) qu’il faut s’inquiéter.
On pourrait se rassurer en psalmodiant que « l’Europe avance toujours par crise ». C’est exact, mais la plupart du temps, ces grands moments de tension ont donné lieu à des avertissements, des marchandages, puis des arrangements et un apaisement. De nombreux pays, dont la France, l’ont expérimenté dans le passé avec à chaque fois en ligne de mire un règlement à l’amiable. Un peu de temps par-ci, un peu de souplesse par-là, les apparences et l’Europe étaient sauves.
Cette fois, c’est différent : élus sur un programme de rupture, les dirigeants italiens assument de défier Bruxelles. Comme la Hongrie avec la question migratoire, l’Italie refuse désormais ouvertement de jouer le jeu collectif et entend faire plier l’Europe. Et ça change tout.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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