Stop au plastique : les légumes gravés au laser ?

Univers Nature  – Juin 2018 –
legume-laser
En juin a débarqué en France un mouvement citoyen né quelques semaines plus tôt au Royaume-Uni : la « plastic attack ».

Le principe est simple : pour dénoncer le suremballage des produits de grande consommation, les participants sont invités à venir faire leurs courses avec leurs propres cabas, boîtes et autres bocaux. Après leur passage en caisse, ils se retrouvent dans la galerie du supermarché choisi pour trier les emballages inutiles (le plastique autour des fruits et légumes, le carton qui entoure des yaourts déjà attachés entre eux, etc…) et transvaser les denrées qui pourraient être vendues en vrac mais qui ne le sont pas (huile ou céréales, entre autres) dans leurs récipients « maison ». Les suremballages sont alors abandonnés dans des caddies prévus à cet effet, et le résultat impressionnant de l’opération est largement diffusé sur les réseaux sociaux. Peut-être que ce genre de happening fera prendre conscience aux industriels de la folle course à l’emballage alimentaire (près de 40 millions de tonnes attendus en Europe pour 2022) dans laquelle ils sont lancés.
Eosta, une société néerlandaise, a pris de l’avance sur la concurrence en imaginant un nouveau procédé permettant de se passer d’emballage et d’étiquettes : la gravure au laser, directement sur les fruits et légumes, des informations nécessaires au consommateur. Des tests sont menés dans des supermarchés hollandais depuis 2016 où certains produits labellisés bio sont ainsi marqués. Sur les fruits et légumes qui présentent une peau dure et/ou sombre comme les kiwis, les avocats, les concombres, ou les patates douces, les résultats sont concluants. Le procédé, de l’aveu même de ses inventeurs, présente tout de même des limites : certains agrumes régénèrent leurs pigments et font disparaître la « gravure », et d’autres fruits (le raisin par exemple) sont trop petits et compacts pour imaginer un tel marquage.
Pour l’instan
t limité à quelques points de vente en Europe du Nord, nul doute que ce procédé devrait peu à peu séduire grossistes et détaillants partout dans le monde. Suffisant pour endiguer le flot de 8 millions de tonnes de déchets plastique qui finissent chaque année dans les océans ?

Quelles solutions contre le suremballage ?
Avec des opérations de grande envergure, comme celle prévue samedi en France mais également dans 50 villes du monde entier, le mouvement « Plastic Attack » veut aller encore plus loin, en poussant les grandes surfaces à adopter des solutions concrètes contre le suremballage. Parmi ces solutions, il y a le développement de rayons en vrac (proposant des produits sans packaging) ou de produits à emballages biodégradables, voire comestibles. Aux Pays-Bas, une chaîne de supermarchés y consacre déjà un rayon entier.
Photo : Page Facebook d’Eosta

A propos werdna01

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