Agroalimentaire : pas touche à mes molécules

Le Canard enchaîné – 24/10/2018 – Conflit de Canard –
L’industrie de la malbouffe ne lâchera pas le morceau. Hors de question de supprimer les trois quarts des additifs délayés dans nos assiettes. Depuis que la commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation industrielle a fait cette proposition, le 26 septembre, l’Association nationale des industries alimentaires se décarcasse pour tuer dans l’œuf l’alléchante idée. Rappelons que Bruxelles a laissé les industriels « chimiquer » joyeusement nos aliments, jusqu’à autoriser l’emploi de 388 additifs. Une ribambelle d’E quelque chose.

L’enquête publiée ce mois-ci par l' »UFC Que choisir » donne du grain à moudre aux parlementaires, qui veulent réduire cette panoplie chimique d’ici à 2025. L’association de consommateurs a mis le nez sur les étiquettes et recensé 87 additifs « problématiques » pour la santé, soit un quart des substances autorisées en Europe, dont 18 « à éviter », carrément. Parmi les plus sympathiques, citons l’E102 et l’E211, qui agrémentent le tarama industriel.
*Le premier est un dérivé pétrochimique qui peut provoquer crises d’asthme, d’urticaire ou d’eczéma; le second favorise le syndrome d’hyperactivité chez les enfants. Autre additif malfamé, le colorant E150d, que l’on trouve dans le Coca light, étiqueté « possiblement cancérigène » par la nomenclature internationale. Après en avoir avalé, les rtas ont parfois droit à des cancers du poumon, du foie, de la thyroïde ou à des leucémies. Et passons sur les nitrites ou les nitrates, utilisés pour allonger la durée de vie des charcuteries industrielles, ces E249, E250, E251 et E252 dont les études sur l’animal ont montré qu’ils provoquaient des micro tumeurs du colon. Fâcheux, même sans parler des conséquences de l' »effet cocktail ».
Mais l’agroalimentaire raffole des additifs, qui lui permettent de repousser la date péremption et et de redonner, artificiellement et pour pas cher, goût, forme, texture ou couleur aux aliments transformés. Cerise sur le gâteau, « Que choisir » a même repéré, dans les 48 additifs qui ont droit de cité dans le bio, trois substances potentiellement dangereuses pour la santé. Parmi ces indésirables, un antioxydant, l’E340, soupçonné d’augmenter les risques de maladies cardiovasculaires. Comme on dit, on ne fait pas d’omelette sans casser des « E »…
Lire aussi : 11 additifs alimentaires industriels à éviter pour protéger sa santé (Positivr – septembre 2017)

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