Les violences faites aux femmes attendront…

Le Canard enchaîné – 31/10/2018 – Christophe Labbé –
C’était une des mesures phares de la loi contre les « violences sexuelles et sexistes » annoncée par Macron en novembre : une plateforme numérique destinée à recueillir le témoignage des victimes et à les conseiller, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il y a du boulot : sur les 225 000 femmes battues ou violentées chaque année par leur conjoint ou leur ex, une sur cinq à peine saisit la justice…
Le 5 mars 2018, trois jours avant la Journée des femmes, Gérard Collomb promet que la fameuse plateforme va voir le jour « dans les toutes prochaines semaines ». En avril, dix policiers sont recrutés. Six mois plus tard, dans leurs locaux flambant neufs d’Elancourt (Yvelines), ils sont toujours sans emploi. Pour s’occupe, ils s’entraînent en jouant à tour de rôle le policier ou la victime…
La raison de ce retard ? Le ministère de l’Intérieur a bêtement oublié que tout recueil d’informations  nominatives – susceptible, qui plus est, de nourrir des procédures judiciaires – nécessitait la rédaction d’un décret ad hoc et la saisie de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Tardivement mise au parfum, la Cnil a émis des réserves : le ministère de l’Intérieur a donc dû revoir sa copie, puis transmettre le décret enfin achevé au Conseil d’État. Celui-ci prenant son temps, la date d’inauguration (2/10/18) a été repoussée sine die.

Comme si cela ne suffisait pas, le Ministère qui comptait pouvoir refourguer en un clic aux pandores les victimes habitant en zone gendarmerie, a découvert que la brigade numérique, censée s’acquitter de cette tâche, n’avait pas été conçue pour traiter des plaintes, mais uniquement pour renseigner les internautes.  Cataner, le nouveau ministre de l’Intérieur, peut dire merci à Collomb….

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Social, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.