Centenaire du 11-Novembre : Macron et ses ancêtres les poilus

Henri, Ernest, George et Fabien, les ancêtres poilus du président
Le président de la République compte dans sa famille quatre arrière-grands-pères qui ont combattu pendant la Grande Guerre. Parmi les quatre arrière-grand-pères de M. Macron, l’un est anglais.

LE MONDE | e 06.11.2018 | Par Antoine Flandrin
A l’instar de nombreux Français, Emmanuel Macron compte dans sa famille quatre arrière-grands-pères qui ont combattu pendant la guerre de 1914-1918. Le premier, Henri Macron, est né en 1894 à Authie (Somme). Sur les feuilles jaunies de son registre matricule, les cases renseignées à l’encre noire d’une plume régulière indiquent que cet homme de 1,64 mètre avait les cheveux châtains, les yeux bleus, le nez rectiligne et le visage large.
Consultable sur Grand Mémorial, le site Internet qui doit regrouper les 8,5 millions de fiches militaires des soldats mobilisés sous l’uniforme français pendant la Grande Guerre, ce document mentionne qu’Henri Eugène Ernest Macron – précision de taille, car douze autres Henri Macron ont combattu en 1914-1918 –, est incorporé dans le 42e régiment d’artillerie de campagne, début 1916.
Croix de guerre
Le canonnier Macron participe à trois des plus grands déluges d’obus de tous les temps : les batailles de Verdun (1916), de la Somme (1916) et du Chemin des Dames (1917). Les 28 et 29 juillet 1916, le 42e tire 30 000 obus pour s’emparer de la « tranchée du Chancelier » près d’Assevillers dans la Somme, à quarante kilomètres de chez Henri Macron.
Décoré de la Croix de guerre, il devient cheminot après la guerre. Il sera maire d’Authie de 1953 jusqu’à sa mort, en 1964. A La Voix du Nord, Emmanuel Macron confiait, en avril 2017, que la « moitié » de sa famille était enterrée dans ce village.
La famille paternelle du président avait, en revanche, oublié l’autre arrière-grand-père, George William Robertson (1887-1956). En juillet 2017, le tabloïd anglais The Mirror retraçait son itinéraire : né à Bristol, ce boucher engagé volontaire dans la British Expeditionary Force devient un héros de la bataille de la Somme. Resté à Amiens après la guerre, il épouse Suzanne Leblond, avec qui il a trois enfants, dont Jacqueline, la grand-mère du président. Après leur divorce, en 1928, George Robertson disparaît. Embauché chez une parfumeuse américaine à Paris, il rentre à Londres, où il se remarie, en 1936.
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Deux dragons
Le troisième arrière-grand-père, Fabien Noguès (1886-1959), charpentier originaire de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), est incorporé en 1907 dans le 15e régiment de dragons (cavalerie).
C’est donc en tant que réserviste qu’il est rappelé sous les drapeaux en août 1914. Son registre ne précise pas si, comme le reste de son régiment, il est envoyé en Lorraine en 1914, dans l’Artois en 1915 et dans la Somme en 1918 ou, s’il reste en caserne, à Libourne (Gironde).
« Comme l’ensemble de la cavalerie française, il a dû user de ses chevaux en 1914, observe l’historien Frédéric Guelton, spécialiste de l’armée française en 1914-1918. Après 1915, la cavalerie est à pied. Comme tout réserviste français, il a dû combattre à un moment ou à un autre de la guerre. »
Le quatrième aïeul, Ernest Arribet (1889-1969), valet de ferme, né à Mifaget (Pyrénées-Atlantiques), est également réserviste au 15e régiment de dragons pendant la guerre. En 1927, il s’installe à Bagnères, où il retrouve Fabien Noguès. Leurs enfants – Germaine Arribet, dite « Manette », et Jean Noguès, nés tous les deux pendant la guerre –, donneront naissance à Françoise Noguès, la mère du président.
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Emmanuel Macron, président de la république, entame sa semaine d’itinérance mémorielle de l’Armistice de la guerre 14-18 avec son épouse Brigitte et en recevant le président allemand Frank-Walter Steinmeier et son épouse Elke Büdenbender pour un concert dans à la cathédrale de Strasbourg, dimanche 4 novembre 2018 – 2018©Jean-Claude Coutausse / french-politics pour Le Monde

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