Mea culpa – S’il veut réussir, Macron doit revenir aux origines

L’Opinion 15/11/2018 Nicolas Beytout
EditoRarement aura-t-on vu président de la République faire aussi ouvertement son mea culpa. Entendre Emmanuel Macron avouer qu’il n’avait pas « réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants » était, lors de son interview sur TF1 mercredi soir, un moment politique inédit.
Combler ce fossé entre le peuple et le pouvoir est un défi immense. Cette fracture est en effet celle au fond de laquelle prospère le populisme, ce rejet, parfois cette haine pour tout ce qui est qualifié d’élites, les puissants, les « gros ». Elle traverse la plupart des sociétés occidentales, et les gouvernements, lorsqu’ils n’ont pas sauté à pieds joints dedans, ont du mal à la réduire. Un défi immense, donc, mais qui peut être relevé.
Il faut pour cela revenir aux origines de la conquête d’Emmanuel Macron, et aux engagements du candidat. Ce sont eux qui ont suscité de l’espoir, même chez les électeurs qui n’avaient pas fait de lui leur premier choix ; ce sont eux qui nourrissent le désespoir. Il promettait des résultats, ça tarde ; il vantait une méthode, on attend toujours les effets d’une hypothétique nouvelle façon de faire de la politique.
Le président de la République doit donc retrouver le fil de sa campagne électorale, ses innovations, ses ruptures, son énergie : le porte-à-porte des « marcheurs » n’est plus dans la boîte à outils présidentielle ? L’écoute de la société civile peut le remplacer. L’administration a repris la main ? Le combat contre les normes et les taxes doit être relancé et le spoil system imposé aux grandes directions des ministères. La province se sent ignorée de Paris ? Les déplacements en régions, à l’instar des meetings électoraux, peuvent aider à retisser le lien. L’image du chef de l’Etat s’est inversée ? Il doit montrer plus de « considération » pour les Français.
Une méthode, des résultats et un style nouveaux. « Vaste programme ».

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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