Le défi Familles à énergie positive

Biocontact – septembre 2018 – Julien Camacho –
Tous les ans depuis bientôt une décennie, des milliers de volontaires et de foyers français s’inscrivent et participent à un concours de sobriété énergétique : le défi Familles à énergie positive. Convivial, ludique et surtout instructif.
Bien loin de proposer une approche austère des économies d’énergie, le défi Familles à énergie positive (FAEP) réussit le plus souvent à faire adopter par les particuliers des comportements économes dans un esprit de convivialité et une logique d’apprentissage. La sobriété devient alors un choix, individuel et collectif, justement éclairé et averti, qui permet d’économiser tous les ans entre 5 et 7 GWh, l’équivalent de la consommation totale de 400 logements, ou encore du retrait du parc de 500 voitures. Réitéré et amplifié tous les ans, l’impact est réel.


Un défi individuel et collectif L’objectif du concours est de permettre à tous les foyers participants d’atteindre une réduction de leur consommation de l’ordre de 8 %. Ce qui représente en moyenne une baisse de la facture énergétique d’à peu près 200 euros par logement. Pour ce faire, le programme se déroule en trois temps majeurs : le recrutement, le lancement du concours et le maintien de l’implication de toutes et tous jusqu’à la dernière ligne droite avant la coupure des systèmes de chauffage à la fin du mois de mai. Au total, 5 à 6 mois d’investissement pour un défi qui en vaut la chandelle, et sans avoir à la sortir pour s’éclairer !
A l’approche de l’automne et de la période de chauffe des logements (pôle de consommation principal des foyers), les associations et les collectivités du réseau d’animation du concours FAEP se lancent dans le recrutement des participants sur leur territoire. C’est une phase importante durant laquelle la communication doit être la plus large possible autour de l’organisation du concours pour rassembler un maximum de participants. Les enjeux d’un tel ramdam sont doubles : d’un côté, parvenir à toujours faire croître les résultats nationaux de réduction de consommation, et de l’autre, s’assurer d’une bonne dynamique collective locale. Ce dernier ingrédient est certainement ce qui distingue le programme FAEP des autres initiatives sur la sobriété énergétique. Les foyers s’engagent au sein d’équipes, elles-mêmes composées de plusieurs foyers, qui concourent toutes à être celle qui réduira le plus significativement sa consommation d’énergie.
Sur les 6 mois que dure le concours, l’ensemble des équipes seront réunies autour d’événements conviviaux organisées localement (en général au nombre de 3 qui marquent le lancement, la mi-parcours et la clôture du défi). Une bonne manière pour les participants engagés de mesurer l’implication d’autres concitoyens, d’échanger sur leurs expériences respectives et de commencer à constituer une sorte de « communauté ». Entre ces grands rassemblements, des réunions d’équipes se tiennent régulièrement pour maintenir la dynamique de participation, et sur l’initiative le plus souvent d’un ou d’une référente ou d’un ou d’une capitaine d’équipe, qui dédie son temps à la bonne vie du groupe. Elle ou il est un relai indispensable pour les animateurs du concours.
L’originalité de FAEP réside dans ses modalités collectives de participation. Là où de nombreuses propositions reposent sur un changement de comportements individuel, le concours se fonde, lui, sur une inscription des foyers au sein d’équipes regroupant en règle générale de 5 à 10 foyers. Les personnes s’inscrivent donc dès le début dans une
démarche collective accompagnée qui doit leur permettre d’atteindre de façon coopérative l’objectif symbolique des 8 % de réduction. Symbolique à plusieurs égards. D’abord, parce que bien souvent, les participants dépassent cet objectif. Ensuite, parce qu’il est essentiel de valoriser la réussite de démarches volontaristes collectives, de les célébrer. Enfin, parce que le principal enjeu réside bien dans l’acquisition de connaissances et de comportements propres à développer chez les participants, petits ou grands, une certaine maîtrise de leur environnement énergétique. Comprendre, intégrer et maîtriser les sources de consommation pour pouvoir agir dessus au quotidien, en toute connaissance de cause.

Du déclic individuel au changement collectif
C’est l’autre grand objectif du concours, accompagner les personnes et les équipes dans la connaissance des sources de consommation énergétique de leur logement. Et pour ce faire, les territoires s’appuient le plus souvent sur l’expertise des Espaces Infos Energie (en la personne d’un conseiller Infos Energie) ces lieux physiques portés par des associations locales, et dont les missions sont d’informer, de conseiller et d’orienter les particuliers dans leur démarche de maîtrise de la consommation énergétique. Parfois, ce sont les services des collectivités qui animent directement le concours, ou encore, plus rarement, des associations environnementalistes indépendantes.
Sur la base d’un support pédagogique de 100 écogestes, qui vont de petites adaptations à des changements plus significatifs, chaque participant peut agir à sa mesure. Que ce soit dans les pratiques liées à la façon de cuisiner, de s’éclairer, d’isoler son logement, ou encore bien sûr de se chauffer (-1 °C de température ambiante par exemple permet de réaliser des économies conséquentes), les pratiques quotidiennes au sein du logement constituent un vrai terrain de jeu et d’expérimentation. Pour suivre l’évolution de la consommation des équipes, chaque foyer participant a accès à une plateforme en ligne sur laquelle il pourra enregistrer ses index et ses relevés, et qui lui permettra de visualiser (au moyen de graphiques) l’impact de l’adoption d’écogestes. Cette plateforme est également un vecteur de communication pour tenir les joueurs au courant des actualités et des événements liés au concours (ateliers, conférences, rencontres…).
Il s’agit donc d’expérimenter, de toucher du doigt (contextualiser) les effets concrets des changements de comportements et les aménagements dans le logement. En général, lors des premiers mois de participation, une équipe reçoit la visite d’un conseiller énergies au domicile d’un des foyers participants, pour mettre en évidence, à l’aide d’appareils de mesure, l’impact de l’adoption d’écogestes, pour mieux comprendre certains aspects techniques parfois complexes, ou encore pour percevoir ce qui est invisible à l’œil nu (les fameux ponts thermiques, zones d’échanges entre l’intérieur et l’extérieur du bâti).
De l’énergie aux modes de vie
Tous les ans donc, des milliers de citoyens s’impliquent activement pour réduire l’impact de leur habitat sur l’environnement (premier argument évoqué : la réduction de leur facture énergétique). Le concours est d’ailleurs un très bon vecteur de passage aux travaux pour bon nombre de foyers participants auxquels il manquait souvent des informations sur des dispositifs d’aide à la rénovation, comme le crédit d’impôt pour la transition énergétique (1). Car, on le sait, si le premier pas vers la transition est la prise de conscience et du changement de comportement (sobriété), le second, et le plus déterminant pour la transition énergétique massive est celui de la rénovation (dans l’ancien) ou de la performance (dans le neuf) de l’habitat (efficacité). Le troisième objectif s’atteint par la substitution progressive des énergies fossiles (responsables de l’émission de gaz à effet de serre et du réchauffement climatique) par des énergies renouvelables. Ce sont les piliers du scénario de transition (scénario NégaWatt) dont FAEP apparaît comme la porte d’entrée pour les citoyens soucieux de s’impliquer au quotidien en adoptant des modes de vie plus respectueux de leur environnement. Aujourd’hui, les collectivités ont l’obligation de s’engager dans la transition écologique en mettant en œuvre des Plans climat air énergies territoriaux (PCAET), qui requièrent l’implication de tous les acteurs du territoire, citoyens compris. Le défi Famille à énergie positive apparaît dans ce contexte comme un instrument efficace pour impliquer les participants à ces concours dans les politiques locales, de façon conviviale et collective ■
Déjà plus de 40 000 familles à énergie positive ! Pourquoi pas vous ?

Fontevraud- l’Abbaye (Maine-et-Loire), 25 mai 25013 / Familles à énergie positive engagées pour le climat / Photo Ouest Médias pour la Région Pays de la Loire

 

Remise des diplômes aux 5 meilleures équipes par Frédéric Delhommeau (Responsable de l’antenne Paris, de l’association Prioriterre) et par Odile Echivard (les Profénergétiques).

 

• Vous souhaitez agir concrètement et efficacement pour l’environnement ? • Vous souhaitez réduire votre facture énergétique ? (économie moyenne de 200 € réalisée par les précédents participants) • Vous aimeriez impliquer toute votre famille de manière ludique ? • Vous appréciez les occasions d’apprendre et d’échanger en toute convivialité ? • Vous voulez recevoir des informations et des conseils pratiques, adaptés et faciles à mettre en œuvre ? Ce défi est fait pour vous ! Plus d’informations sur les concours près de chez vous : www.familles-a-energie-positive.fr

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Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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