Transition – le procès de la méthode de gouvernement

Gilets jaunes
L’Opinion 27/11/2018 Nicolas Beytout
Venue de loin, grossie de toutes sortes de colères et de frustrations, la crise des Gilets jaunes ne pouvait être apaisée en une heure de discours. L’annonce d’un gel sous condition des prochaines hausses de la taxe carbone, seule décision concrète concédée aux manifestants, n’avait donc pas la moindre chance de satisfaire toutes les composantes de ce mouvement hétéroclite. Pas sûr que cela suffise à lever tous les barrages.
Il faut donc espérer que les Gilets jaunes seront plus sensibles au fond du discours du chef de l’Etat, à cette petite musique distillée tout au long de ses propos sur le mode : « Je vous ai compris ». Grande concertation au plus près du terrain, refus des décisions « tombées d’en haut » et ficelées « jusqu’au dernier bouton de guêtre », toute la promesse d’Emmanuel Macron tient dans un changement de méthode de gouvernement.
Ce ne sont que des mots, naturellement, mais ils cachent un engagement, et un défi. L’engagement, c’est de revenir à l’esprit de la campagne électorale victorieuse. Ecouter, débattre, construire la stratégie et les décisions au niveau local : cela rappelle le porte-à-porte des « Marcheurs » allant chercher sur le terrain les piliers du programme du quinquennat (lesquels ont été progressivement oubliés depuis).
Le défi, c’est de se dégager de l’emprise de l’administration. Le réquisitoire est net. Il condamne pêle-mêle « les réponses trop abstraites, les solutions qui ne sont pas concrètes », décidées et appliquées de façon « uniforme, trop loin des gens, trop loin du terrain ». Il dénonce cette technocratie déconnectée de la réalité des Français : « Ils disent leur souffrance, on leur répond chèque énergie ».
Le diagnostic est bon : elle est là, une partie de la fracture entre deux France. Mais le fait est que le début du quinquennat n’a rien prouvé en la matière, que tout reste à faire. Et que cela prendra du temps.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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