Accélération – Macron face à la «Leonardisation» de la politique

Gilets jaunes
L’Opinion 28/11/2018 Nicolas Beytout
La France danse sur un volcan. On saura dans quelques jours, à l’issue des mobilisations de samedi et des premières concertations avec les Gilets jaunes, si elle peut éviter l’explosion. Pour l’heure, il y a de quoi être inquiet. Le discours d’Emmanuel Macron sur le plan énergie n’a pas atteint ses objectifs, le soutien des Français à l’égard des Gilets jaunes n’a pas faibli, et aucune des colères qui se sont additionnées en quelques semaines n’a été apaisée.
La tâche du chef de l’Etat était d’ailleurs presque impossible. Pris entre les injonctions contradictoires de ceux qui, avec les Gilets jaunes, exigent une baisse des taxes sur le carburant, et de ceux qui, avec les écolos, militent pour un recours accru à la fiscalité verte, sa marge était étroite. Se retrouver au milieu de deux frustrations ne procure que des « emmerdes », comme aurait dit Jacques Chirac. Fini, aussi, le confort d’un positionnement politique à équidistance de la droite et de la gauche, comme En Marche en a profité jusqu’ici. Désormais, la crise donne des ailes à tous ceux qui, depuis leur défaite de 2017, étaient devenus inaudibles.
Il s’est passé beaucoup de temps depuis les premiers signaux teintés de jaune. Le gouvernement n’a rien vu, ou rien voulu voir, préférant jouer la carte du « Je fais ce que j’ai promis ». Aujourd’hui, ce temps lui manque aussi bien pour faire passer ses messages et mener les concertations que pour s’y retrouver dans le fatras des exigences des Gilets jaunes. La « Leonardisation » de la politique est passée par là : à peine fini le discours du chef de l’Etat, les manifestants étaient sur toutes les antennes pour clamer leur déception, comme il y a cinq ans la jeune Leonarda avait rejeté en direct les propositions de retour en France que François Hollande venait de lui faire à la télévision. A l’époque, cela avait été un tournant.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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