Dépense publique et impôts: enfin le vrai débat

Gilets jaunes
L’Opinion 04/12/2018 Nicolas Beytout
Enfin nous y sommes, enfin on va aborder le sujet essentiel, celui qui a été mis de côté par les différentes majorités depuis des années. Enfin il fera l’objet d’un débat ouvert permettant d’exercer un choix clair. Enfin on va savoir si les Français veulent plus ou moins de dépense publique.
Ce que tous les pays qui nous ressemblent ont assumé depuis des années a été jusque-là consciencieusement occulté par la France. L’actuel président de la République n’a pas (ou presque pas) abordé le sujet pendant sa campagne électorale, se contentant de renvoyer à l’anti-modèle, François Fillon, à ses milliards d’économies budgétaires, à ses centaines de milliers de fonctionnaires en moins et à son étiquette bien commode « d’ultra-libéral ». N’ayant pas inscrit le sujet sur sa feuille de route, à la différence de tout le travail préparatoire sur la grande réforme des ordonnances sociales, Emmanuel Macron a trébuché chaque fois qu’une économie budgétaire était évoquée : budget de la Défense, APL, collectivités locales, et aujourd’hui le ras-le-bol fiscal, conséquence logique de la nonchalance dépensière du pays.
Mais voilà : en même temps qu’il décidait d’un inévitable moratoire sur plusieurs hausses de taxes et de tarifs programmées en janvier, le Premier ministre a annoncé une vaste concertation nationale sur les impôts et la dépense publique. Et pour une fois, les débats ont une chance d’être concrets : dans un pays déjà écrasé par sa propre dette, on pourra mesurer concrètement que davantage de crèches, d’hôpitaux, d’écoles, de services publics en tous genres, c’est au choix plus de dépenses et plus de taxes, ou moins (mieux) de dépenses et moins d’impôts.
Les Gilets jaunes entendront-ils cette logique, et accepteront-ils de co-construire une nouvelle architecture fiscale à la place du lamentable maquis imposé aux contribuables ? Début de réponse au plus tard ce week-end.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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