Prise de conscience

Gilets jaunes : attention, engrenage
L’Opinion 05/12/2018 Nicolas Beytout
Ce n’est pas encore le sursaut, loin de là, mais peut-être le début d’une prise de conscience : cette crise des Gilets jaunes est en train d’échapper à tous. Si elle se poursuit, personne ne pourra l’arrêter. Il est temps de regarder en face le risque que cette perte de contrôle fait peser sur le pays.
Jusque là tétanisé par la violence des coups portés, réagissant systématiquement avec un temps de retard, le pouvoir a changé de ton mercredi : appel à la responsabilité de tous lancé en Conseil des ministres par Emmanuel Macron, discours de mise en garde d’Édouard Philippe à l’Assemblée, le pouvoir a compris qu’il ne pourrait pas sortir seul de la vrille. L’impopularité du chef de l’Etat et la raideur de son Premier ministre dans la gestion de la crise sont telles que chacune de leurs initiatives se heurte au mur obstiné du « toujours plus » des Gilets jaunes. Quant à la majorité présidentielle, aussi novice en politique que craintive et peu assurée dans ses convictions, elle s’est davantage illustrée par son absence en défense des choix du président de la République.
Dans ce moment où tout peut basculer, le pouvoir se trouve donc obligé de changer de braquet. Et d’appeler tous les acteurs de la vie publique à mesurer le danger qu’il y aurait à frôler chaque samedi la mort. Un engrenage dont personne ne peut sortir gagnant, puisqu’il est animé par des manifestants qui rejettent tout ce qui ressemble à un corps constitué, parti politique, patronat, syndicat ou membre à un titre ou un autre de l’élite. Y compris les médias.
Naturellement, un tel appel ne pourra pas exonérer le pouvoir de sa responsabilité, immense, dans ce dérèglement de la société. Pas plus qu’il ne convaincra immédiatement tous ses opposants politiques de baisser d’un ton. Mais dans la crise des Gilets jaunes, un cap vient peut-être d’être franchi.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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