Vingt dieux de Vinci !

Le Canard enchaîné – 05/12/2018 – C. N. –
Bizarrement, Vinci n’a pas publié de communiqué triomphant depuis le 23 novembre, jour où le Conseil d’État a rendu son avis sur l’indemnisation à laquelle pourrait prétendre le bétonneur (et autoroutier), qui ne construira pas l’aéroport de Notre-Dame-des-landes. Il est pourtant intéressant…
Très en colère il y a quelques mois, lorsque Macron a mis un coup d’arrêt au projet, les dirigeants de Vinci avaient claironné qu’ils étaient en droit de réclamé jusqu’à 452 millions d’euros ! Et ils avaient gémi que leur investissement se montait déjà à 200 millions, même sans avoir donné le moindre coup de pioche.
Seulement voilà : entre 2011 et 2018, c’est à peine 9 millions d’euros qu’a dépensés le groupe – en études, notamment. Lequel n’avait d’ailleurs pas complètement bouclé son plan financier. Et même si le contrat prévoyait un manque à gagner compris entre 305 et 425 millions d’euros en cas de résiliation, il existerait une légère « disproportion » entre « l’indemnité fixée et le montant du préjudice des dépenses que le concessionnaire a réellement exposées et du gain dont il a été privé« . 
Mieux, il y aurait un risque d’aller contre la jurisprudence en matière d’indemnisation et, pour l’État, consentir une « libéralité » à Vinci, ce qui est interdit… Verser entre 305 et 425 millions au bétonneur serait en effet un beau cadeau : un taux de rentabilité interne de 65 à 73 % sur sept ans, alors que la convention l’avait fixé à 13,42 %. Avec ce taux-là, « économiquement pertinent« , ce serait plutôt entre 20 et 25 millions d’euros auxquels Vinci pourrait prétendre, même si le Conseil d’État laisse aux juges le soin de procéder eux-mêmes au calcul…
C’est moins aérien, d’un coup !
Lire : Les dix casseroles de Vinci, bétonneur de Notre-Dame-des-Landes (Reporterre – janvier 2016)

A propos werdna01

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