Etat d’urgence économique et sociale

Gilets jaunes: la voie moyenne d’Emmanuel Macron
L’Opinion 10/12/2018 Nicolas Beytout
Bloqué pour bloqué, Emmanuel Macron n’avait pas le choix : il devait retrouver des marges de manœuvre, se redonner un espace économique, social et budgétaire pour répondre à cette crise politique sans précédent provoquée, on le sait bien, par le ras-le-bol fiscal des Français. De tous les Français qui payent sans voir à quoi peut bien servir tout ce « pognon »…
 Face à une telle crise, il y avait deux options : faire petit, ou faire massif, créer un « effet blast », un choc qui montre qu’il avait compris la gravité de cette situation pré-insurrectionnelle et qu’il y répondait par des mesures puissantes. Baisses d’impôts, baisses de taxes, pour les ménages et pour les entreprises, et surtout, aucune hausse pour compenser par-ci ce qu’il pouvait annoncer par-là. Un allègement immédiat et sensible pour gagner le temps nécessaire à la mise en place d’une autre réponse aux manifestants : une réforme pour rapprocher les institutions des citoyens, reformater l’Etat et redessiner le modèle social du pays. Une telle option avait évidemment beaucoup d’inconvénients : explosion certaine de la limite de 3% des déficits, perte d’influence en Europe, incertitude du pari sur le rebond économique et social. Mais il avait un avantage : il pouvait permettre à Emmanuel Macron de sauver son quinquennat.
L’autre option, faire petit, est un classique de la politique française. L’administration ressort ses dossiers, bidouille son calendrier, avance telle mesure, en retarde une autre, en rajoute un peu ailleurs. Avantage de cette forme d’accélération : la France reste à peu près dans l’épure. Inconvénient : face à l’accumulation des revendications tous azimuts, le risque était de décevoir. Entre les deux, Emmanuel Macron a choisi une sorte de voie moyenne. « L’état d’urgence économique et social » annoncé reste à installer.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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