QG, campus… Les constructions les plus pharaoniques entreprises par les GAFA

Challenges – 18/12/2018 – Antoine Laurent –
EN IMAGES – Apple, Amazon, Google, Microsoft, Facebook… Aux États-Unis, les géants du high-tech ne cherchent pas seulement à consolider ou agrandir leur empire. Elles bâtissent aussi de nouveaux complexes gigantesques, adaptés à leur taille et à leur puissance. Voici une revue de certains de leurs ouvrages les plus impressionnants.
Apple Park : Le siège social d’Apple situé à Cupertino (Californie) est tout récent : il a été inauguré en avril 2017. Le complexe circulaire a été conçu pour accueillir 13.000 employés. La marque à la pomme a dépensé 5 milliards d’euros pour sa construction. A titre de comparaison, le World Trade Center, lui, n’avait coûté « que » 3,9 milliards d’euros. Image Apple
Googleplex : Le QG de Google localisé à Mountain View, dans la Silicon Valley, a été élu « meilleur endroit pour travailler aux États-Unis » par le magazine Forbes en 2008. Au Googleplex – contraction des mots « Google » et « complex » – tout est fait pour donner envie au salarié de rentrer le plus tard possible à son domicile. Salle de sport, garderie, restaurant, piste cyclable, commerce… Une véritable ville dédiée au bien-être des cadres de Google, et à leur productivité. Image Google
Microsoft Redmond Campus :Dans la banlieue de Seattle, Microsoft a fait son trou depuis plus de 30 ans. Le Microsoft Redmond Campus, un complexe de plus de 200 hectares (plus que la surface de Monaco), est capable d’accueillir 47.000 salariés. Il est composé de 125 bâtiments différents. La firme a annoncé en novembre 2017 son souhait de moderniser son campus et d’en construire 18 de plus. Un chantier d’une durée de 5 à 7 ans, qui devra permettre d’accueillir 8.000 nouveaux employés supplémentaires. Image Microsoft
Amazon Spheres, au siège social de Seattle : Amazon partage la même ville-QG que Microsoft : Seattle. 40.000 de ses salariés travailleraient dans cette ville de 720.000 habitants au nord-est des Etats-Unis. Le géant du e-commerce détiendrait plus de 15 % des bureaux de la ville, selon Bloomberg. Le 30 janvier 2018, Amazon inaugurait trois sphères de verre gigantesques, dans lesquels un jardin botanique fait aussi office d’espace de travail. Une vitrine qui a coûté 3,2 milliards d’euros. PhotoSounderbruce, Flickr
Campus de Menlo Park, Facebook : Le Menlo Park, dans la baie de San Francisco, a été inauguré en 2015 par Facebook. Trois bâtiments – le MPK 20, 21 et 22 – composent ce complexe qui accueillait 9.000 employés en 2017 d’après la firme. L’un d’entre eux abrite « le plus grand open-space du monde », qui pourrait accueillir plus de 2.500 personnes. Le réseau social a aussi planifié la construction d’un « village Facebook » en face de son nouveau siège. La livraison de la première tranche de ce village, appelé Willow Campus, est espérée pour 2021.  Photo Matt Harnack, Facebook
Des projets immobiliers gigantesques pour Google à New York
Google a annoncé lundi 17 décembre son souhait d’investir plus d’un milliard de dollars (880 millions d’euros) pour construire un nouveau campus à New York. Situé à Manhattan, le centre doit entrer en service à partir de 2020. Google avait déjà annoncé en février 2018 le rachat du complexe de Chelsea Market, le long de l’Hudson River, contre 2,4 milliards d’euros. L’objectif de ces deux investissements est de « doubler le nombre » des 7.000 employés de Google dans la Big Apple. Le groupe s’apprête ainsi à devenir l’un des plus gros propriétaires fonciers de la ville. GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP – EDUARDO MUNOZ ALVAREZ
Un futur méga-complexe Apple en projet à Austin, Texas Le 13 décembre 2018, c’est Apple qui dévoilait la création d’un projet immobilier de grande ampleur à Austin, au Texas. Il s’agit d’un nouveau complexe qui pourra héberger 15.000 personnes, essentiellement des ingénieurs de la marque à la pomme. Le coût pour Apple : un milliard de dollars. Un investissement qui répond aux menaces de Donald Trump contre la firme, accusée de ne pas fabriquer ses produits aux États-Unis. Photo Jason Lee
Un nouveau QG pour Amazon, partagé entre New York et Washington :
Amazon avait cherché pendant 14 mois l’emplacement de son futur siège social. Finalement, celui-ci sera découpé en deux antennes, proche des lieux de pouvoirs politiques et économiques. La première sera en effet située à Arlington (Virginie), toute proche de la capitale Washington. La seconde sera à Long Island City (New York), où se rassemble la haute finance des États-Unis. Amazon compte créer 50.000 emplois à travers l’érection de ces deux nouveaux centres, qui lui coûteront chacun 5 milliards de dollars. Photo AFP – Don EMMERT
Rencontre avec Barry Lynn, le chercheur américain qui veut démanteler les GAFA (Challenges  – 24/12/2018 – Delphine Dechaux)
INTERVIEW EXCLUSIVE – Challenges a rencontré Barry Lynn, chercheur américain évincé en 2017 d’un think tank à la demande de Google, après un communiqué où il louait la volonté de l’Europe de s’en prendre aux monopoles des GAFA.
Barry C. Lynn, chercheur américainEn 2017, Google fait pression sur le think tank auquel collaborait Barry Lynn pour l’exclure. New America -Wikimedia
Il représente le caillou dans la chaussure d’Amazon, Google ou encore Facebook. Challenges a rencontré Barry Lynn, le chef de file du mouvement anti-trust aux Etats-Unis. Ce chercheur et écrivain américain mène depuis vingt ans un combat contre les monopoles. Il est convaincu aujourd’hui que les Gafa sont « les plus grands ennemis de la démocratie depuis la Seconde Guerre Mondiale ». Son think tank, The Open Market Institute, veut reconstruire entièrement les lois américaines antitrust, qu’il estime taillées pour favoriser les concentrations et non la concurrence.
Comment en êtes-vous arrivé à vous intéresser aux monopoles ?
Le déclic a été le tremblement de terre de Taïwan en septembre 1999. Il a eu lieu alors que j’éditais un magazine appelé Global Business. Cette catastrophe naturelle, qui a détruit la production de semi-conducteurs de la ville de Hsinchu, a eu des conséquences mondiales: elle a mené notamment à la fermeture quasi immédiates d’usines d’ordinateurs, de la Californie au Texas. Ce tremblement de terre a montré que la production de composants essentiels avait atteint un tel niveau de concentration qu’un événement local pouvait avoir des conséquences catastrophiques mondiales. Dans les mois suivant l’événement, j’ai frappé à toutes sortes de portes –économistes, gouvernement, militaires, industriels. Très peu de membres de l’élite étaient curieux de savoir ce qui s’était passé et ce que cela signifiait. Seuls quelques dirigeants et cadres de l’industrie avaient alors perçu le danger que représentaient les monopoles.
L’arsenal des lois antitrust n’est donc pas suffisant pour contrôler ces monopoles?
Cela avait été le cas mais cela ne l’est plus. La raison, c’est que dans les années 1980, le mouvement néo-libéral, influencé par les idées de l’Ecole de Chicago, a modifié les règles de la concurrence pour créer un système favorisant non pas la distribution des pouvoirs mais leur concentration. La grande idée de l’école de Chicago est de promouvoir l’efficacité du marché. Selon cette pensée théorique, du moment qu’une entreprise peut prouver qu’elle contribue à faire baisser les prix, elle doit obtenir l’autorisation de racheter ses rivales et monopoliser les marchés. C’est un énorme problème économique et un énorme problème industriel. Ce système ne garantit plus la liberté économique du citoyen, qui était un des piliers de la Révolution américaine de 1776. Il faut de nouvelles règles pour restaurer la liberté économique et politique des citoyens...

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