Carlos Ghosn, côté mer et côté pierre

Le Canard enchaîné – 26/12/2018 – C. N. –
Le nouvel an japonais est rude pour Carlos Ghosn. L’encore pédégé de Renault, limogé de Nissan vient de prendre du rab de prison, tandis que son bras droit, Greg Kelly, a pu sortir en versant une caution de 557 000 euros. Chez ces gens-là, on ne cause plus, on compte. Plus les jours passent, plus il y a de zéros et plus les chiffres deviennent ébouriffants. La justice japonaise et la presse américaine (« The Wall Street Journal » 19/12) continuent ainsi de faire le tour du propriétaire Ghosn. Ou plutôt de ses propriétés achetées par Nissan : Paris, Amsterdam, Rio-de-Janeiro, Beyrouth… Dans le Monopoly japonais, les cartes « chance » se mélangent dangereusement avec les cartes « caisse de communauté » !
En 2005, un premier appartement : 400 m2 dans le XVIème arrondissement de Paris, pour 4,1 millions de dollars. Trois ans plus tard, un deuxième appart de 110 m2 dans le même immeuble pour créer un ensemble à étages, Ghosn était un peu à l’étroit…
A partir de 2010, la fête immobilière se veut plus discrète. Pour le grand pudique Ghosn, payé 15 millions d’euros par an, Nissan crée une boîte aux Pays-Bas, avec des filiales dans les paradis fiscaux. Laquelle finance de nouveaux nids douillets. Sa villa à 13 millions d’euros dans un quartier huppé de Beyrouth. Son appartement de bord de mer à 4,9 millions d’euros sur Copacabana à Rio. Sans parler des locations à Amsterdam (8 000 euros par mois) et ) Tokyo (10 000 euros par mois). Nissan serrait les boulons dans ses usines mais savait mettre de l’huile dans les relations sociales avec son pédégé…
Porté sur la pierre, Ghosn ne comptait pas non plus les frais en l’air. Une flotte d’avions « de fonction », dont le dernier joujou, un Gulfstream à 57 millions d’euros, lui servait de chambre à coucher 100 nuits par an. Une maison de plus… pour la famille aussi : « Être dans l’avion est une façon de passer du temps avec leur père« , a plaidé un de ses proches à propos des voyages en famille. pour les vacances en famille à travers le monde, en revanche, une des filles de Ghosn a, un jour, eu cette déclaration jugée malheureuse dans l’édition brésilienne du magazine « Vogue » : « Les moments les plus poétiques pour notre famille sont les promenades sur la plage de Copacabana, où nous avons un appartement... ».
Les moments poétiques, c’est comme les belles voitures, ça finit toujours par faire des jaloux !

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