Climat totalitaire – Gilets jaunes: sortir du climat de violence

L’Opinion  13/01/2019 Olivier Auguste
Huit mois de protestation. Une quinzaine de dates de manifestations qui ont toutes rassemblé entre 375 000 et 1,23 million de personnes, selon le ministère de l’Intérieur. Un soutien de la population via les sondages, une popularité présidentielle en berne. Et pourtant, une couverture médiatique qui jamais n’a viré à celle, obsessionnelle, que nous connaissons avec le mouvement des Gilets jaunes – dont aucune journée n’a mobilisé plus de 300 000 Français, d’après la même source. Ce flashback sur la réforme Sarkozy-Woerth des retraites montre, par contraste, à quel point la crise actuelle bénéficie d’un traitement journalistique exceptionnel.
Exagéré ? Délirant ? Pas forcément. Car cette révolte présente des traits, eux aussi, inédits depuis des décennies. Rarement, au cours de cette période, la casse des biens publics et privés, la violence contre les forces de l’ordre n’ont eu cours aussi librement. Jamais les monuments qui rassemblent la Nation n’ont été ainsi souillés (Arc de triomphe saccagé et tagué). Jamais les lieux où se loge la République n’ont été ainsi ciblés (porte de ministère enfoncée, menace de marche sur l’Elysée). Jamais ceux qui incarnent la démocratie représentative (élus locaux, députés de la majorité) n’ont été ainsi menacés ou agressés. Jamais une telle violence symbolique envers le chef de l’Etat ne s’est ainsi déployée (effigies pendues ou guillotinées). Jamais la presse n’a été ainsi été empêchée de travailler par l’intimidation et la brutalité physique.
«Nous ne sommes pas tous violents, disent les Gilets jaunes. La presse vous trompe si elle nous réduit aux plus radicaux ». Soit. Mais le mouvement a laissé s’installer ce climat malsain et dangereux ; le taire relève du déni.  Emmanuel Macron a raison, dans sa Lettre aux Français, de « n’accepter aucune forme de violence » et d’en faire « une condition » au grand débat national qui s’ouvre.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Débats Idées Points de vue, Démocratie, Politique, Social, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.