Vercors : des écolos veulent chasser les chasseurs

Siné Mensuel – janvier 2019 – Blandine Flipo –
L’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) espère réunir 1,2 million d’euros pour transformer 490 hectares d’un domaine de chasse en réserve de vie sauvage dans le Vercors.
Tout est parti d’une petite annonce dans Le Figaro Magazine, catégorie « immobilier de prestige ». Sous la photo d’un cerf qui brame (ci-dessus), est vendue pour 2,2 millions d’euros une « propriété de chasse de 490 hectares » composée d’un parc clôturé de 250 hectares et d’une forêt ouverte « très giboyeuse » (240 ha). 
« Dépaysement assuré pour les chasseurs et leurs accompagnants à moins d’une heure de Valence« . Clément Roche de l’Aspas : « Quand on a vu cette annonce, on s’est dit que c’était ce qu’on cherchait. C’est un domaine d’un seul tenant, il y a une diversité d’habitat qui permet  une grande biodiversité, des espèces emblématiques comme le loup, l’aigle royal, le gypaète barbu… De quoi se régaler les yeux ! Ce lieu a le potentiel d’être une vitrine de notre concept de réserve de vie sauvage ; laisser la nature évoluer sans intervention humaine. » Et de détailler : « A peine 1 % des lieux en France ont un niveau de protection de la nature très élevé : les réserves de biosphère ou les cœurs de parcs nationaux… Et encore, dans certains, on y pâture, voire on y chasse. » L’Aspas dispose déjà de trois réserves de vie sauvage, deux dans la Drôme et une en Bretagne. 
Pour acquérir le domaine de Valfanjouse, situé à Léoncel, en plein parc naturel régional du Vercors, l’Aspas lance une campagne  de levée de fonds en septembre. Et récolte 1 million d’euros en trois semaines sans avoir divulgué le nom du domaine pour éviter toute crispation chez les chasseurs. Le lieu a de quoi faire rêver. Situé à quelques encâblures du col de la bataille, haut lieu de migration d’oiseaux en France, le domaine se déploie sur les flancs gris du Vercors, forêt épaisse paraissant inviolée, ponctuée de quelques mares offrant au promeneur  son cortège de batraciens et d’insectes. Mais le secret est vite éventé. Les chasseurs affiliés à l’Association communale de chasse agréée (Acca) rêvent de cartonner du cerf ou du sanglier sur ce domaine de chasse privée, jusque-là inaccessible pour eux. 
Bâti du domaine
Le 31 décembre, l’Aspas n’avait pas pu réunir les fonds dans leur globalité. Mais Clément roche ne baisse pas les bras : « Nous ne voulions pas laisser passe ce projet si magnifique. Alors nous avons fait un premier versement pour résilier le bail de chasse présent sur la propriété. A compter du 1er janvier, la propriété est donc officiellement libérée de la chasse et nous gagnons du délai afin de rassembler les fonds manquants. Nous relançons donc de plus belle la collecte sur 2019 pou nous permettre d’acheter la propriété.
Points d’eau pour le gibier
Pour faire un don : https//www.aspas-nature.org/slider/soutenez-projet-vercors-vie-sauvage/

A propos werdna01

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