Complotisme – La diplomatie sur la place publique

l’Opinion 23/01/2019 Jean-Dominique Merchet
« Le gouvernement abolit la diplomatie secrète et exprime la ferme intention de mener les pourparlers en pleine franchise, devant le peuple entier ». Cette ferme résolution en date du 26 octobre 1917 figure dans le tout premier décret du gouvernement bolchevique, rédigé par Lénine. On sait ce qu’il en advint. C’est dire pourtant si la question du contenu des accords internationaux – et des suspicions qui les accompagnent – ne datent pas du Traité d’Aix-la-Chapelle ou du Pacte de Marrakech. Mais avec la vague des fake news, la transparence de la diplomatie se pose désormais avec une acuité nouvelle.
Des progrès démocratiques sont indispensables : les accords internationaux concernent la vie des citoyens et ils doivent donc être discutés sur la place publique. La politique étrangère ne peut plus être du seul « domaine réservé » du chef de l’Etat. Certes, il ne faut pas être fou au point de croire que les relations internationales puissent se passer de secret, au moins dans certaines phases de la discussion. Mais l’entre-soi des diplomates et des gouvernements a vécu, que ce soit sur le Brexit, le commerce ou l’immigration. La démocratie d’opinion a triomphé, n’en déplaise aux tenants du « réalisme ».
Publier les textes quatre jours à peine avant leur signature, comme vient de le faire pour la première fois l’Elysée (à la demande de Berlin) avec le traité d’Aix-la-Chapelle ne suffit pas. Si l’on veut éviter que les idées les plus folles ne s’imposent systématiquement dans le débat public, il est nécessaire d’organiser des débats publics avant la conclusion des accords et d’abord au Parlement. Il faut accepter la controverse et prendre le temps de l’explication, y compris pour répondre à des craintes jugées irrationnelles par les « sachants »

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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