Dead end – Brexit: une prise d’otage doublée d’un chantage

L’Opinion 30/01/2019 Gilles Sengès
Edito – Dire que nous avons tous vécu dans l’admiration sans nom de la démocratie britannique et de son parlementarisme modèle ! Voici qu’en quelques jours, tout s’est écroulé devant nos yeux.
Résumons : Theresa May arrive, le 15 janvier, devant la Chambre des communes avec un accord de retrait de la Grande-Bretagne de l’Union européenne négocié d’arrache-pied depuis des mois avec Bruxelles. A l’en croire à l’époque, ce texte « honore le résultat du référendum » sur le Brexit de juin 2016. Pas de chance, Westminster n’est pas convaincu et le repousse par 432 voix contre 202. Lâché par les siens, un Premier ministre aurait démissionné dans tout autre pays. Pas au Royaume-Uni où, depuis le passage de Winston Churchill au 10 Downing Street, l’obstination est présentée comme de la ténacité.
Le plan B présenté ce mardi n’a guère été mieux accueilli. On comprend un peu les élus de sa gracieuse majesté car c’était un copié-collé bâclé du plan A qu’aucun dirigeant digne de ce nom n’aurait osé soumettre à un vote. Or, non seulement Theresa May a décidé de demeurer en place mais elle a renvoyé la balle à ses partenaires européens, à charge pour eux de trouver un accord d’ici au 29 mars, évoquant seulement « un contrôle électronique invisible » digne d’Harry Potter, pour résoudre la fameuse question de la frontière irlandaise. Dublin est pris en otage et, aux yeux de la Première ministre, Bruxelles n’a d’autres solutions que de plier pour éviter un « no deal ». Manière inélégante – une autre image britannique qui s’écorne – de refuser de prendre ses responsabilités et de se défausser sur ses voisins.
On ne connaît pas la fin de l’histoire. Mais au rythme où vont les choses, la Grande-Bretagne va réussir à apaiser les derniers regrets de ceux qui la voyaient quitter l’Union européenne avec tristesse.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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