L’alpha et l’oméga de la malbouffe

Le Canard enchaîné – 30/01/2019 – Conflit de Canard –
Voilà un rapport fort instructif qui n’a pas fait grand bruit. Comme chaque année, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a compilé, pays par pays, les statistiques relatives aux maladies liées à l’alimentation. Le bilan pour la France est dur à avaler : la situation est jugée « stagnante ou détériorée ». L’OMS s’inquiète notamment du nombre d’obèses dans la population adulte, qui atteint désormais 22 % – tandis que 66,9 % des hommes affichent un surpoids ! La faute aux aliments ultra-transformés, trop gras, trop sucrés, trop salés, qui représentent aujourd’hui la moitié du contenu de notre assiette. Pour un pays dont la gastronomie est classée au patrimoine de l’humanité par l’Unesco, ça la fiche mal !
Parmi les marqueurs de la malbouffe qui écornent la réputation de la cuisine tricolore, l’OMS pointe le déséquilibre entre oméga. Vous savez, ces fameux acides gras essentiels à notre santé. L’organisme a besoin en quantités identiques d’oméga 3 et 6. Un excès d’oméga 6 provoque des réactions inflammatoires qui favorisent les cancers, les maladies cardio-vasculaires et les troubles neurologiques. Or nous avalons en moyenne dix fois plus d’oméga 6 !
Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, moins de 5 % des Français sont dans les clous avec le bon ration oméga 3 / oméga 6. A l’origine de ce désastre nutritionnel, la surutilisation par l’industrie agroalimentaire d’huiles végétales bon marché, riches en oméga 6, tel le tournesol qui représente l’essentiel des 800 000 tonnes que nous avalons chaque année. En modifiant la gamelle du bétail, on a encore aggravé les choses. Autrefois, les vaches se nourrissaient d’herbe,  riche en oméga 3. Aujourd’hui, pour produire 10 tonnes de lait par an, elles reçoivent, en complément, des granulés énergétiques à base de maïs et de soja, qui contiennent surtout des oméga 6. Résultat : la quantité d’oméga 3 dans le lait et la viande a chuté, alors que la concentration en oméga 6 a grimpé en flèche. Même phénomène pour les poulets de chair industriels et pour les œufs. Ainsi, on avale en moyenne 10 grammes par jour d’oméga 6, au lieu du maximum recommandé de 8 grammes, et nous plafonnons à 0,9 gramme d’oméga 3, contre un minimum préconisé de 1,8 gramme.
L’agroalimentaire pourra toujours dire que l’OMS n’est pas l’oméga de la santé…

Où trouve-t-on les acides gras oméga 3 ?
Les aliments les plus riches en oméga 3 sont issus de végétaux terrestres (la noix, l’huile de colza, de soja, de lin, etc.) qui contiennent de l’ALA et d’animaux marins (les poissons gras comme le saumon, le thon, le maquereau, le hareng, la sardine et l’anchois, etc.) qui contiennent de l’EPA et du DHA.

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