Hôtels-restaurants – Assurance-chômage: des patrons prêts à prendre leurs responsabilités

L’Opinion 06/02/2019 Olivier Auguste
L’hôtellerie et la restauration ont besoin de flexibilité. Impossible au cafetier d’une station de ski d’embaucher un serveur à l’année, au traiteur ayant besoin d’un « extra » pour un mariage de lui signer un CDI. Mais les employeurs du secteur sont prêts à assumer eux-mêmes le coût de cette flexibilité. C’est le sens de la proposition de leur fédération patronale : un nouveau contrat de travail qui apporte un complément aux indemnités chômage des salariés entre deux emplois. Les entreprises y ayant recours le financeraient par une cotisation s’ajoutant à la cotisation Unédic. Le « deal » pourrait séduire les jeunes actifs attachés à leur indépendance mais mal couverts par le statut d’autoentrepeneur.
Restaurateurs et hôteliers espèrent ainsi échapper au bonus-malus promis par Emmanuel Macron. Pénaliser financièrement ceux qui ont « abusé » des contrats précaires, récompenser les autres : le système défendu par le Prix Nobel Jean Tirole séduit dans son principe mais annonce une belle usine à gaz – les tentatives passées de surtaxer les contrats courts ont d’ailleurs échoué à les métamorphoser en contrats longs.
Mais peu importe qu’il ait fallu cette pression pour que le projet soit mis sur la table : la branche professionnelle compte prendre ses responsabilités. Elle écarterait ainsi le soupçon de vivre aux crochets des autres. Car, s’il est légitime de mutualiser les risques, d’assurer les aléas, la solidarité entre entreprises et entre salariés ne doit pas être détournée en subvention. Le modèle économique de l’hôtellerie-restauration, pas plus que celui du spectacle vivant (au hasard !), ne peut reposer sur le paiement des congés de ses salariés par la collectivité. Ce genre de petits arrangements n’a cessé, au fil des décennies, de contribuer à la hausse des prélèvements étouffant toutes les entreprises. Y mettre fin serait bienvenu.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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