Comment nourrir les oiseaux du jardin cet hiver

Biocontact magazine – février 2019 – Gilles Leblais –
En installant différentes mangeoires, nous pouvons aider les oiseaux pendant l’hiver. Il est important de les nourrir régulièrement, au moins une fois par jour et si possible le matin car ils n’ont pas de réserves. Quels types de mangeoires et quels aliments leur offrir ? Pour quelles espèces d’oiseaux ?
Rappel important : le nourrissage est à concevoir comme une aide temporaire. En effet, il n’est utile que lorsqu’un gel prolongé ou d’importantes chutes de neige empêchent les oiseaux de trouver leur nourriture. Le prolonger au-delà des mois difficiles de l’hiver peut rendre les oiseaux dépendants et les fragiliser.
Offrez-leur une mangeoire !
La régularité est donc primordiale puisqu’ils vont s’habituer au rythme de nourrissage. Pensez également à nettoyer régulièrement les mangeoires afin d’ôter fientes et salissures pour éviter toutes épidémies et salmonelloses. Vous pouvez choisir des mangeoires de types modèles à suspendre ou à fixer sur un piquet. Dans tous les cas, placez-les à un endroit abrité et inaccessible aux chats. La proximité d’un bosquet ou d’un conifère rassure les oiseaux.
Les graines oléagineuses comme le tournesol et le chènevis feront la joie de la plupart des visiteurs des mangeoires, notamment les granivores tels que pinsons, verdiers, chardonnerets, gros-becs, etc. Les mélanges de millet blanc avec du chènevis concassé attireront plutôt les oiseaux insectivores comme le rouge-gorge, le troglodyte et l’accenteur mouchet. Les « colliers » suspendus de cacahuètes enfilées les unes aux autres permettront aux mésanges de continuer à se nourrir lorsque les verdiers envahiront les mangeoires. Les fruits gâtés offerts sur un plateau ou posés au sol sont appréciés des merles et grives et une demi-pomme fichée sur une branche aura la faveur de la fauvette à tête noire. Les corps gras s’imposent s’ils ne sont pas salés, suif de bœuf et saindoux sont l’idéal et devront entrer dans la composition de mélanges avec des graines ou noix et noisettes écrasées à suspendre dans des filets ou à badigeonner dans des fentes d’écorces… Pensez aussi à l’eau, elle est indispensable, même en cette saison. Un ou plusieurs abreuvoirs de 20 à 30 cm de diamètre et de faible profondeur feront très bien l’affaire à condition de renouveler l’eau souvent, surtout s’il gèle…
Quand installer des mangeoires ?
L’aire de nourrissage est la surface destinée à alimenter les oiseaux en hiver. Sur cette surface, on installe divers postes d’alimentation avec mangeoires. Suite à mes observations, je conseille d’installer l’aire de nourrissage dès les premiers frimas. C’est-à-dire au plus tard vers la fin du mois de novembre. En effet, à cette période, la plupart des oiseaux nicheurs sédentaires et résidents ont déjà commencé à délimiter leur territoire de nourrissage hivernal. Si vous installez votre aire de nourrissage dans un de ces territoires, vous aurez à coup sûr plusieurs visiteurs réguliers. A cette époque, des oiseaux comme les mésanges forment déjà des rondes hivernales en compagnie de roitelets, sittelles et grimpereaux.
Il est évident qu’installer l’aire de nourrissage à cette période ne veut pas dire nourrir à tout va et en grosse quantité. Il s’agit seulement de mettre en place vos postes d’alimentation et de distribuer juste un peu de nourriture, afin de laisser aux oiseaux le temps de les découvrir et de s’y accoutumer pour les périodes de grands froids.
Quelles mangeoires offrir ?
On trouve de nos jours un choix de mangeoires très esthétiques dans de nombreux commerces mais certaines peuvent s’avérer mal adaptées et peu fonctionnelles pour les oiseaux. Pour quelqu’un de bricoleur, quelques heures suffiront pour construire des mangeoires simples et fonctionnelles. Soyez très prudent quant à l’utilisation des colles, vernis et peintures pour la fabrication et la teinture de vos mangeoires car beaucoup de produits contiennent des substances toxiques qui peuvent entrer en contact avec la nourriture que vous offrirez. L’huile de lin, qui résiste bien aux conditions climatiques, est conseillée. Une ou deux couches chaque année après le nettoyage et le rangement des mangeoires est l’idéal. Pour la construction, utilisez des planches de sapin, de pin ou de mélèze. Le cèdre est excellent mais souvent cher. Évitez surtout le contre-plaqué qui ne résiste pas longtemps.
Les mangeoires distributeurs automatiques
Pour quels oiseaux ? Ce sont des mangeoires visitées par un grand nombre d’espèces, notamment les granivores. Elles peuvent être suspendues ou montées sur pied à environ 1,60 mètre du sol et ainsi sélectionneront les espèces. Très pratiques car elles peuvent contenir une certaine quantité de graines et, ainsi, assurer un approvisionnement constant pendant plusieurs jours.
Où placer des mangeoires ?
Des mangeoires placées trop à découvert ne sont généralement pas attrayantes pour les oiseaux. Évitez surtout de les installer au nord-est, afin de les protéger des vents froids. En prévision, installez vos mangeoires dans les coins abrités et ensoleillés du jardin. Les oiseaux y seront bien et les graines offertes resteront sèches. L’idéal est de placer les mangeoires à proximité d’une haie ou d’un buisson épais, ou encore à côté d’arbustes ou d’arbres comme les conifères, qui offriront ainsi aux oiseaux une possibilité de refuge en cas d’un éventuel danger. Toutefois, ces endroits peuvent constituer une excellente cachette pour un chat et l’idéal est de placer les mangeoires à environ 3 mètres des arbres ; ainsi, en cas d’attaque surprise du félin, les oiseaux qui se nourrissent sous vos mangeoires auront le temps de s’envoler.
Quelle nourriture ?
Ces mangeoires protègent la nourriture contre les intempéries et réduisent passablement le gaspillage par un système de débit contrôlé régulier. Je vous conseille de ne les garnir que d’un seul type de graine car certains oiseaux n’hésitent pas à rejeter les aliments qui ne leur conviennent pas. Les petites graines noires de tournesol font l’unanimité chez la majeure partie des oiseaux. Le chènevis est la graine de chanvre, très dure ; elle est excellente pour nombre d’oiseaux, notamment les granivores au bec puissant, les mésanges et sittelles.
La bûche nourricière
Utilisez une toute petite bûche en rondin de 15 à 20 cm de longueur et 5 cm de diamètre au plus, dans laquelle vous ferez 3 ou 4 trous d’au moins 3 cm de profondeur.
Pour quels oiseaux ? Cette astuce permettra uniquement aux mésanges, qui sont très acrobatiques, ainsi qu’à la sittelle torchepot, de se restaurer le plus tranquillement possible car les autres espèces ne pourront venir s’y agripper. Il est possible aussi de se servir d’un morceau de bois en rondin déjà crevassé naturellement.
Quelle nourriture ? Incorporez du saindoux avec des noix ou des arachides hachées dans chaque trou. Suspendez ensuite cette mini-mangeoire verticalement, ou à l’horizontale, les trous en dessous pour privilégier les mésanges.
Les mangeoires-plateaux
Pour quels oiseaux ? Ce système le plus simple, qu’il soit rond, carré ou rectangulaire, attire des volées d’oiseaux qui s’alimentent en groupes et de plus gros oiseaux comme les tourterelles, même parfois les geais. Mais une bûche creuse émondée, placée sur le rebord d’une fenêtre peut très bien faire l’affaire.
Quelle nourriture ? Vous pouvez offrir, dans ces plateaux, des graines de tournesol, des noix et arachides écalées, des pains de suif de bœuf ou du saindoux et des moitiés de pommes qui attireront probablement la fauvette à tête noire, la mésange bleue et le merle noir. Il est facile de nettoyer la mangeoire-plateau mais la nourriture déposée est cependant soumise aux intempéries. Il est donc conseillé d’y adjoindre un toit.
Le nourrissage au sol
Le nourrissage au sol est, bien entendu, toujours possible, en offrant seulement des fruits comme les pommes, les poires et les coings qui feront le régal des frugivores tels que les grives, les merles et les étourneaux, qui sont très friands de fruits gâtés en hiver…
Pour conclure
La règle à retenir pour aider les oiseaux l’hiver est d’offrir des graines pour les granivores, du gras pour les insectivores, des petits fruits pour les frugivores et, si vous disposez d’un jardin, l’idéal est d’y planter des arbustes à baies qui seront une excellente source de nourriture pour eux ■
Gilles Leblais – Ornithologue, conférencier, auteur écrivain et photographe naturaliste professionnel depuis 1997. Lauréat de la prestigieuse Dotation Kodak en 1990, il anime alors des stages d’initiation à l’observation et à la photographie dans la nature. Il écrit des livres et collabore avec diverses revues, magazines et éditeurs. En 2010, fondateur du projet Mon jardin paradis, un jardin témoin afin d’attirer la faune sauvage au pas de sa porte. Dès lors, son travail est reconnu en tant que consultant et formateur dans ce domaine. Visite sur rendez-vous. ❯ Contact Mon jardin paradis – Le Mont de Velanne 21, chemin des Grandes-Terres – 38620 Velanne Tél. : 04.76.37.04.99 ou 06.30.19.19.24 Site : www.gillesleblais.com.

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