La mobilisation des « pisseurs involontaires de glyphosate » prend de l’ampleur

France Bleu – 9 janvier – Par Katia Lautrou, France Bleu Cotentin
Épandage de glyphosate à Piacé (Sarthe), le 11 mai. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
En 2019 le glyphosate est toujours autorisé en France alors que ce produit est considéré comme potentiellement cancérigène. Raison pour laquelle, certains citoyens envisagent de faire tester leur urine à la recherche d’éventuelles traces.
CAMPAGNE D ANALYSE DE TAUX DE GLYPHOSATE DANS LES URINES Campagne d’analyse de taux de glyphosate dans les urines © Maxppp – Nathalie Saint-Affre
Le mouvement des « pisseurs involontaires de glyphosates » est né en Ariège mais il gagne maintenant la Normandie. Ces volontaires sont en train de se constituer en groupes dans les différents départements de la région, et notamment dans la Manche. On y retrouve des opposants aux pesticides qui se côtoient depuis quelques mois maintenant dans le mouvement dit des coquelicots, mais aussi à l’occasion des marches pour le climat. Marcel Jacquot est granvillais, il fait partie du mouvement, il était l’invité de France Bleu Cotentin ce mercredi matin : « il faut alerter les citoyens et les décideurs politiques de la large contamination des pesticides dont nous sommes victimes et imposer une modification de la législation ». En 2019 le glyphosate est toujours autorisé en France alors que ce produit est considéré comme potentiellement cancérigène_« il faut revenir à une meilleure agriculture »_martèle Marcel Jacquot.
Un protocole très précis
Les prélèvements d’urine auront lieu le même jour à la même heure sous contrôle d’un huissier. Chaque volontaire remplira un questionnaire sur ses us et coutumes, son environnement de vie, ses habitudes alimentaires. Des analyses suivront dans un laboratoire privé en Allemagne où seront traquées les éventuelles traces de glyphosate. L’objectif, c’est, en cas de présence du produit, de déposer plainte contre l’État français et l’Union européenne « ce sera le même tribunal qui jugera toutes les plaintes individuelles » selon le manchois « pisseur involontaire de glyphosate » Marcel Jacquot.
Une vingtaine de volontaires dans le granvillais
Dans le Granvillais, un groupe constitué d’une 20e de volontaires s’est constitué « il nous en faudrait 25 donc il faut qu’on accentue encore notre campagne au niveau des citoyens de façon à influencer quelques personnes à venir nous rejoindre pour faire ses prélèvements d’urine ».  En Ariège où est né le mouvement ils ont déjà pratiquement 200 analyses d’urine : « La Manche ça a l’air de bouger un peu sur Avranches, Granville  et c’est à souhaiter sur Cherbourg. L’objectif c’est de ramener vers nous le maximum de citoyens. Il faut savoir qu’il y a du glyphosate dans les urines, en Ariège les analyses l’ont démontré de 0,1 à 3,2 milligrammes » précise Marcel Jacquot.
Dans la région, « les pisseurs involontaires de glyphosate » prévoient d’opérer dans la première quinzaine de février…

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