Grand débat sans tabou : pour les centre hospitaliers aussi ?

Alternative santé – février 2019 – l’édito de Jean-Baptiste Talmont –
La fermeture de services et de centres hospitaliers concerne tout le monde.

La fermeture de services et de centres hospitaliers concerne tout le monde.

Sans tabou. C’est le maître mot du grand débat national organisé par le gouvernement actuel. Un débat censé porter sur toutes les revendications des Français après qu’ils ont occupé le pavé, les ronds-points, les mairies, les champs, les ministères, après qu’ils ont exprimé leur colère, crié, insulté, frappé. Sans tabou, donc ? En réalité, tant que le « peuple » se perd en réclamations plus ou moins haineuses, fantasques, égocentrées, réalisables, le gouvernement souffle et gagne du temps. C’est ce que dit d’ailleurs un député de la majorité, Roland Lescure, en admettant que « le grand débat doit être un exutoire pour la population qui y exprimera ses angoisses et ses inquiétudes ».
Tous à vos stylos. Tant que vous n’occupez plus ronds-points et artères commerçantes des grandes villes, tout est bon à débattre : l’immigration à endiguer, les 80 km/h à supprimer, l’ISF à restaurer, les petites retraites à revaloriser, le pouvoir d’achat à augmenter, les impôts à alléger, les taxes à supprimer, le service public audiovisuel à éradiquer… Mais oui, mais oui, allez-y ! Le grand débat, c’est un open-bar qui tient lieu de crachoir. Mais de crachoir orienté de telle sorte que ça calme. Sur le site granddebat.fr, on découvre les quatre thèmes autorisés de cette grande concertation nationale : fiscalité ; organisation de l’État ; démocratie et la citoyenneté ; transition écologique. Franchement, si ça ne ressemble pas au programme de révision pour un concours de la fonction publique… On se demande où logeront les fameuses « angoisses » et autres « inquiétudes » des Français. Et surtout, où seront casées les questions de santé, multiples et nous touchant tous – directement ou indirectement –, qui restent les grandes absentes de la lettre aux Français de notre actuel président, Emmanuel Macron.
Pourtant, la fermeture de services et de centres hospitaliers concerne tout le monde. En mars 2017, l’hôpital André-Boulloche de Montbéliard fermait ses portes. À l’hôpital d’Arbresle, dans le Rhône, le service périnatal sera clos fin août 2019. L’année dernière, c’est le service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) de l’hôpital Jacques-Cœur de Bourges qui était fermé, faute de médecins-urgentistes. Les sous-effectifs entraînent d’autres fermetures : le service de médecine de l’hôpital de Château-Chinon a dû provisoirement fermer, en avril 2018, faute de médecins. Le centre hospitalier Bretagne Atlantique d’Auray, dans le Morbihan, a dû fermer une partie du service de suites de soins (soit 15 lits) en plein été par manque de personnels soignants remplaçants. De tels exemples sont pléthore. Côté questions de santé, on a l’embarras du choix, entre le poids et le pouvoir des lobbies agroalimentaires et pharmaceutiques, dont l’influence n’est même plus masquée ; l’obligation vaccinale, qui ressemble à un retour d’ascenseur, ou encore les attaques absurdes contre l’homéopathie. Vous trouverez dans cet article les propositions du Dr Paul Dupont pour le débat. Développez les vôtres, puisque le président vous le dit : c’est sans tabou.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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