Antisémitisme : combattre les actes et les mots

L’Opinion 12/02/2019 Nicolas Beytout
Dans quelques jours se déroulera, c’est une tradition, le dîner annuel du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France. Ce sera, comme les autres années, un événement où se presseront autour de membres de la communauté juive des hommes et des femmes politiques, des chefs d’entreprise, des avocats, des journalistes ainsi que le président de la République. Et nul doute qu’Emmanuel Macron, comme il l’avait fait l’an dernier, dira toute sa détermination à garantir aux juifs de France la tranquillité et la sécurité, ainsi que son engagement dans la lutte contre la montée de l’antisémitisme.
Car elle monte, cette haine affreuse. Elle progresse, gagne du terrain, mais surtout se transforme. Il n’y a plus un, mais des antisémitismes qui se nourrissent les uns les autres : les vieilles rancœurs françaises du siècle passé et les obsessions d’une partie de l’extrême-droite ont été rejointes et dépassées par le communautarisme antijuif qui grossit chez des musulmans, et par le délire complotiste commun à tous ceux qui, pour mieux détester les élites, relient puissance et argent à l’appartenance à la communauté juive. Chacune de ces horreurs prospère à l’abri de son quartier ou de son lieu de vie sociale. Et enfle désormais sous le couvert de l’anonymat que garantissent les réseaux sociaux, profitant de chaque occasion, par exemple le mouvement des Gilets jaunes, pour se propager.
La République doit lutter plus encore qu’elle ne le fait. Avec quelles armes ? Celle de l’éducation, bien sûr –Et le vote ces jours-ci de « la loi confiance dans l’école » tombe à point nommé. Celle de la répression, naturellement. Mais tant que les armes de la haine, tous ces mots anonymes qui salissent les réseaux sociaux, n’auront pas été désactivées, la bataille sera inégale. Traquer l’antisémitisme là où il se glisse presque impunément, voilà le combat de l’instant.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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