Martial Foucault : « Le grand débat national est un moyen inédit de tirer un portrait social des Français »

Le Centre de recherches politiques Cevipof délègue une équipe de chercheurs qui suivra 200 débats en France. Pour son directeur, l’expérience est l’occasion de mieux évaluer la situation sociale des individus.
Martial Foucault : « Le grand débat national est un moyen inédit de tirer un portrait social des Français » Lire l’article sur Le Monde 15/02/2019
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Martial Foucault, directeur du Cevipof, en décembre 2018, à Sciences Po, à Paris. Alexis Sciard/ IP3
Une initiative de recherche participative, neutre et indépendante du dispositif du grand débat national, a été lancée pour constituer un Observatoire des débats. Menée conjointement par l’Institut de la concertation et de la participation citoyenne (ICPC), le groupement d’intérêt scientifique Démocratie et participation et le centre de recherches politiques Cevipof (CNRS-Sciences Po), elle a pour objectif de dessiner le portrait social et politique de cette expérience inédite. Martial Foucault, directeur du Cevipof, nous livre les premiers enseignements de ces travaux.
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Dans le cadre de l’Observatoire des débats, le Cevipof assure le suivi de 60 débats par semaine (soit près de 200 au total), sélectionnés par tirage au sort afin de représenter au mieux l’ensemble du territoire français. Que vous apprend d’ores et déjà cette enquête ?
Premier constat : le nombre de débats varie beaucoup selon les départements. On en compte très peu en Corse, dans le Finistère ou l’Indre, beaucoup dans le Loiret, les Alpes-de-Haute-Provence, la Drôme, le Doubs ou le Tarn.
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Dans certains d’entre eux, les débats ne sont pas toujours à l’initiative des maires et des élus, mais plutôt des associations à but non lucratif ou des citoyens. Dans d’autres, les Yvelines par exemple, les débats sont massivement organisés soit par les élus, soit par des associations à but lucratif – fédération du bâtiment, de la chasse, de la boucherie, etc. Les initiateurs des débats dépendent donc étroitement de la sociologie de ces départements.
On observe par ailleurs une déficience très grande de débats dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. De même, sur les 4 400 débats qui avaient été déclarés autour du 10 février, seuls 250 concernent des communes de moins de 500 habitants, alors que ces dernières sont 22 000 en France. Les débats se concentrent plutôt dans des villes de 10 000 à 30 000 habitants.
Parmi les participants, on compte environ un tiers de femmes et deux tiers d’hommes. Très peu de « gilets jaunes » – mais ces derniers sont souvent remerciés pour avoir donné l’occasion de cet exercice démocratique –, très peu de minorités visibles. Peu de jeunes également, beaucoup de personnes âgées de plus de 60 ans.
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Vous avez vous-même assisté à plusieurs débats. Comment se déroulent-ils ?
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Martial Foucault : « Le grand débat national est un moyen inédit de tirer un portrait social des Français »
Propos recueillis par Catherine Vincent

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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