Faut-il choisir un moteur de recherche solidaire ?

Ouest-France – 19/02/2019 – Jasmine Saunier –
Un moteur de recherche solidaire est-il vraiment mieux? Oui, quand même.Un moteur de recherche solidaire est-il vraiment mieux? Oui, quand même. | FOTOLIA
Lilo, Ecosia ou Ecogine font le même travail que Yahoo, Google ou Bing. Pourquoi changer ? Les alternatives solidaires affirment convertir nos clics en bonnes actions.
Plus de 90 % des usagers d’Internet dans le monde utilisent Google. Trois milliards de requêtes y sont comptabilisées chaque jour. Yahoo et Bing se partagent presque toutes les dernières parts de marché. Le comportement peu éthique et écologique de ces firmes choque, mais elles sont devenues aujourd’hui presque incontournables. À moins que… Les moteurs de recherche solidaires seraient-ils la solution ?
Chaque requête effectuée sur ces nouveaux moteurs permet de distribuer de l’argent à des associations. « Contribuer par un simple geste, solidaire et gratuit », tel est le but affiché. Isabelle a découvert le concept il y a quelques mois, et la jeune femme l’a adopté sans hésiter : « Auparavant, j’ignorais qu’Internet pouvait produire autant de CO2, explique-t-elle. Mais j’en ai besoin dans mon travail au quotidien. Au moins, de cette façon, j’ai l’impression de contribuer un peu à limiter mon impact écologique. »
Un don pour un clic
Le moteur de recherche qu’elle a choisi, Ecosia, reverse 80 % de ses revenus à un programme de l’association WWF pour protéger les forêts humides. « Mes clics participent à planter des arbres », sourit-elle.
Lilo est le dernier né sur ce marché. Les requêtes que l’on lance sur le moteur de recherche permettent de cumuler des « gouttes » pour reverser de l’argent aux associations de son choix, sur une liste de 136 partenaires. « 50 % de nos revenus partent vers des projets solidaire, souligne son co-fondateur, Clément Le Bras. L’été dernier, nous avons atteint le million d’euros redistribués. » Le modèle semble beau, et pourtant, il n’échappe pas aux critiques.
La principale est celle du greenwashing (éco-blanchiment). Lilo, Ecosia et leurs concurrents sont parfois accusés de se fabriquer une image verte alors que leur modèle est en fait adossé aux grands moteurs de recherche. « Ce sont des méta-moteurs, explique Guillaume Sire (*), maître de conférences en technologies de l’information et de la communication. Lorsqu’on leur envoie une requête, ils la transmettent à Google, Bing ou Yahoo. En échange, ces derniers reversent aux moteurs solidaires une partie des gains de publicité engrangés par les clics. »
L’objectif n’est pas de faire disparaître les géants peu scrupuleux du Web. « Nous ne cherchons pas à créer un nouvel algorithme de recherche, confirme Clément Le Bras, mais à financer des causes qui nous semblent justes, des problématiques sociales et environnementales urgentes. »
Ce partenariat est même valorisé, car il permet de garantir la qualité des résultats proposés. Lilo s’engage par ailleurs à ne pas collecter les données personnelles, comme le moteur de recherche européen Qwant. Une démarche qui justifierait, à elle seule, son intérêt.
(*) Les moteurs de recherche, aux éditions La Découverte / Paru le 17 mars 2016 Étude (Poche) – 10 € –
Résumé : Comment se repérer sur le Web ? Comment ne pas se perdre dans ce déluge d’informations ? Les moteurs de recherche sont à la fois des cartes, des boussoles et des topographes. Ils indiquent le nord et nous guident en nous disant :  » Ce contenu est plus pertinent que celui-là.  » Ils répondent à nos questions les plus farfelues en quelques microsecondes. Ils indexent les informations accessibles et dressent pour nous des listes vertigineuses. Ils organisent la connaissance à l’échelle du monde. Oracles modernes, pythies algorithmiques.
L’objectif de cet ouvrage est de révéler ce qui se cache derrière l’interface en apparence extrêmement simple depuis laquelle nous avons accès à tant d’informations. Le lecteur apprendra comment ont été inventés les moteurs de recherche. Il comprendra comment ils fonctionnent, comment ils sont financés, quel est leur statut juridique, les controverses dont leur activité est susceptible de faire l’objet, quels sont les principaux moteurs sur le marché, comment ils se distinguent les uns des autres et quelles sont les perspectives d’évolution du secteur.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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