Vite ! – Pour un moratoire fiscal

L’Opinion 24/02/2019 Nicolas Beytout
C’est l’idée la plus légitime qu’on puisse imaginer en matière de fiscalité. Dans un pays surimposé, il serait souhaitable que chacun, selon ses moyens, contribue par l’impôt sur le revenu à la pérennité des services publics, à l’entretien des infrastructures, ainsi qu’à la mobilisation des investissements pour l’avenir.
De droite comme de gauche, du centre comme d’ailleurs, nombreux sont ceux qui ont un jour évoqué la nécessité de « (re)créer un lien entre le citoyen et l’Etat ». Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion du territoire et à ce titre certainement très sensible au sujet, vient de le remettre sur la table. Et de se faire corriger illico par Matignon : dossier pas d’actualité.
En théorie, on pourrait le regretter. Mieux vaut cependant pousser un grand ouf de soulagement. Le peuple français est à ce point égalitariste qu’on voit mal une telle réforme ne pas être compensée par une surimposition des plus aisés. Et on frémit à l’idée qu’à l’issue de débats parlementaires enflammés, seuls les plus riches auraient probablement vu leur fiscalité augmenter. Il n’est pas formé, le gouvernement qui osera se mettre à dos une majorité de Français, celle qui ne paye plus l’impôt sur le revenu.
C’est un fait : pour apparaître moins douloureuse, la fiscalité française a progressivement délaissé l’impôt direct pour préférer les taxes en tout genre et l’impôt indirect. Ce subterfuge éventé, le système est désormais rejeté par les Français : ras-le-bol.
Cela fait plus d’un mois que le grand débat national a lancé le concours Lépine de l’inventivité fiscale, entretenant l’exaspération des Français face à la surdité du pouvoir. Sans attendre le dépouillement des millions de doléances, et à défaut d’une baisse généralisée, Emmanuel Macron ne gagnerait-il pas à imposer publiquement un moratoire sur les impôts ?

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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