Maghreb – Algérie : l’indifférence n’est pas une option

L’Opinion 22/02/2019 Jean-Dominique Merchet
EditoLa perspective d’une crise politique en Algérie donne des sueurs froides à Paris. « On ne dit surtout rien et on serre les fesses » : telle est la ligne qui prévaut dans les milieux officiels de ce côté-ci de la Méditerranée, à la veille d’une semaine décisive.
Depuis vendredi, des manifestants protestent contre la perspective d’un cinquième mandat du président Bouteflika, au pouvoir depuis 1999 et visiblement très affaibli. La situation politique semble totalement bloquée et l’économie de ce pays fortement dépendant des hydrocarbures se dégrade très vite. Le pouvoir perd ainsi les moyens d’acheter la paix sociale, comme il l’a fait depuis le début de la décennie. Certains en viennent même à redouter une évolution comparable à celle du Venezuela, au bord de la guerre civile, qui verrait des millions d’Algériens se réfugier à l’étranger. Donc en France.
Alors que l’international est totalement absent du « Grand Débat » franco-français, on constate, une fois de plus, combien nous sommes directement concernés par le sort de nos voisins. L’indifférence n’est pas une option politique. Mais, du fait d’un passé colonial toujours à vif et souvent instrumentalisé, la France est sans doute la plus mal placée pour s’immiscer dans les affaires de l’Algérie. La prudence s’impose donc, comme la lucidité sur les responsabilités des dirigeants du pays. Il ne faut pas non plus céder au spectre d’une menace islamiste, qui n’est que le paravent du maintien en place d’un système à bout de souffle.
Une bonne politique voudrait que l’Union européenne et les grands pays européens influents que sont l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie, puissent aider l’Algérie à sortir de cette impasse. Après tout, au Maghreb, le pire n’est pas toujours sûr, comme le montrent le succès de la démocratie en Tunisie ou celui des entreprises marocaines. Gageons que l’Algérie en est, elle aussi, capable.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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